Entretien exclusif avec l’auteur du reportage en caméra cachée sur la campagne d’Hillary Clinton

Entretien exclusif avec l’auteur du reportage en caméra cachée sur la campagne d’Hillary Clinton© Carlos Barria Source: Reuters
Hillary Clinton

James O'Keefe, chef de Project Veritas, connu aux Etats-Unis pour ses reportages filmés en caméra cachée, évoque avec RT son enquête sur les ex-membres de la campagne de la candidate démocrate à la présidence américaine.

RT : Parlez-nous de votre dernière publication.

James O’Keefe (J. K.) : Nous avons récemment publié la troisième série de nos documents. Sur la vidéo on voit Robert Creamer, qui a purgé une peine de prison pour infraction criminelle et a été exclu du Comité national démocrate pour être à l'origine de manipulations, reconnaître qu'Hillary Clinton avait eu l'idée d’habiller les gens en costumes de Donald Duck et de provoquer des bagarres lors des réunions avec les électeurs, de manière à s'assurer d'une réaction négative des partisans de Donald Trump. On voit donc qu'Hillary Clinton est directement impliquée dans cette affaire. […]

Toute montre donc que tout cela a été organisé directement à partir de la Maison Blanche, que cela venait d'Hillary Clinton et que Robert Creamer avait des relations très étroites avec le président Barack Obama. Les documents de WikiLeaks font état de liens étroits entre Robert Creamer et le manager de la campagne présidentielle d'Hillary Clinton, Robby Mook. Toutes ces personnes ont été limogées, ce sont de hauts fonctionnaires. Et le fait qu’ils aient incité à la violence lors des réunions de Donald Trump et se soient coordonés de manière illégale avec des organisations à but non lucratif, est une violation des lois de la coordination de campagne [présidentielle]. C’est probablement la vidéo la plus puissante et compromettante de cette élection.

Si j’étais partisan d'Hillary, on m'aurait décerné le prix Pulitzer, un Peabody Awards, un Emmy, un Oscar

RT : Que pensez-vous des réactions à cela ? Elles sont souvent biaisées ?

J. K. : Si j’étais partisan d'Hillary, on m'aurait décerné le prix Pulitzer, un Peabody Awards, un Emmy, un Oscar... Des maisons d'édition m'auraient proposé d'écrire un livre. Je reçois tous les jours des milliers d'emails et de messages de gens qui veulent que je continue à travailler. Les médias conventionnels ne s'occupent pas de ce genre de choses, ils n'ont pas envie de les relayer. Il y a parfois de bons journalistes qui travaillent pour ces grands médias, mais le problème de ces médias est qu'ils ont absolument besoin d'un accès aux sources d’information au sein du gouvernement. Ils ne veulent donc pas renoncer à leurs sources.

Mais nous devons analyser les actions de nos institutions publiques. Nous devons être une ligne de défense contre la corruption d'Etat, les abus et les manipulations. Le fait qu'ils font de moi un cible et essaient de détruire ma réputation ne fait que prouver que les histoires que nous racontons ont un impact. Ils n'ont pas contesté le moindre fait qui a été présenté dans notre vidéo, ils ont juste viré les personnes concernées. Les traces nous mènent droit à la Maison Blanche.

Les hommes politiques débattent des principes moraux, mais agissent en fonction des positions de force

RT : Hillary Clinton c’est un peu comme le téflon : rien n'y adhère. Que cela dit-il sur ce pays ?

J. K. : Comme l'a dit un de mes amis, nous nous sommes transformés d'un pays professant la primauté du droit en un Etat ou le rôle clé appartient à la volonté politique. […] Les hommes politiques débattent de principes moraux, mais agissent en fonction des positions de force. Les notions de bon ou mauvais, de décence et d'honnêteté, de transparence et de responsabilité devant les électeurs - tout cela fait partie du passé. Ceux qui dévoilent aux gens la vérité sont persécutés, ceux qui sont conviés à la télévision gagnent leur vie en disant des mensonges. […] Les principaux médias ont critiqué mes vidéos par peur d'une éventuelle réponse du ministère de la Justice lorsqu'il sera dirigé par un pantin des Clinton. Nous vivons dans une «république bananière» maintenant. Nous ne pouvons plus dire la vérité à haute voix.

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