Ex-membre de CDU : l'élite politique allemande a perdu la confiance de la majorité des citoyens

Chancelière allemande Angela Merkel et le candidat principal pour les élection de Berlin Frank Henkel© Fabrizio Bensch Source: Reuters
Chancelière allemande Angela Merkel et le candidat principal pour les élection de Berlin Frank Henkel

Maximilian Krah, qui a quitté l'Union chrétienne-démocrate dirigée par Angela Merkel à cause de divirgeances d'opinions, explique pourquoi la politique de la chancelière est un désastre pour l’Allemagne.

RT : Pourquoi croyez-vous que la politique migratoire d'Angela Merkel représente une menace pour la paix en Allemagne ? N'est-ce pas un peu exagérée ?

Maximilian Krah (M. K.) : Pas du tout. Voyez-vous : 1,5 million de migrants sont arrivés dans notre pays depuis un an et demi. La majorité d'entre eux sont des hommes venant de pays musulmans. Presque aucun d'entre eux ne parle allemand, beaucoup sont même analphabètes. Si l'on imagine une telle situation en Russie, ce serait 2,7 millions d’immigrés, aux Etats-Unis - cinq millions. Imaginez comment un tel flux de migrants peut affecter la situation dans le pays. Donc non, ce n'est pas exagéré. La réalité est que mon pays change pour le pire. Nous ne pouvons pas faire face à cette tâche, et c’est évident. Vous ne pouvez pas mener une politique de portes ouvertes dans un pays où il existe un système de sécurité sociale efficace. Parce que ce pays commence à attirer des gens du monde entier qui vivent dans des conditions moins favorables. Autrement dit, c’est une politique insensée et dangereuse pour le pays.

Au début de cette politique, il était déjà clair que les résultats seraient lamentables et que le pays allait dans la mauvaise direction

RT : Votre avis sur cette politique était-il le même il y a un an et demi ? Ou étiez-vous d'accord avec cette politique, espérant qu'elle pourrait fonctionner ? 

M. K. : Mon avis était le même. J'avais publié sur mon blog un message basé uniquement sur les statistiques, mais c'était déjà clair que les résultats seraient lamentables, que le pays allait dans la mauvaise direction. En ce qui me concerne personnellement, j’ai dû me résoudre au fait que la situation ne changerait pas tant que nous aurions Angela Merkel. Car elle tient à son route de toute évidence erronée. C'est pourquoi nous avons été obligés de quitter son parti et d'essayer de la devancer aux élections.

RT : Angela Merkel a avoué récemment en parlant de sa politique migratoire qu'elle voudrait «remonter le temps», sans doute pour éviter de commettre certaines erreurs. Croyez-vous que cet aveu puisse l'aider à regagner la sympathie des électeurs ?

M. K. : Elle n'a pas dit qu'elle aurait agi autrement. Si vous relisez attentivement sa citation, elle a dit qu'elle aurait mieux fait le travail de sensibilisation, qu'elle aurait changé certains détails. Elle n'a toujours pas reconnu que sa politique des portes ouverte était erronée de façon fondamentale. Si vous annoncez une telle politique, il faut comprendre qu'énormément de personnes vont se précipiter vers ces portes ouvertes. Angela Merkel n'a jamais reconnu que sa décision d’ouvrir les portes et les frontières était fondamentalement mauvaise. Ce n'est pas ce qu'elle voulait dire. C'est pourquoi je crois que ces déclarations récentes ne changent rien. 

L'actuelle crise migratoire n'a fait que mettre en lumière le problème des relations entre la société et l'élite politique

RT : Le parti «Alternative pour l'Allemagne»  (AfD) gagne en popularité dans un certain nombre de Lander de la République fédérale d’Allemagne. Est-ce lié au mécontentement de la société face au problème des immigrés ?

M. K. : Le parti AfD a été créé au moment où, lors de la récente crise financière, on était mécontent de la politique de la Banque centrale européenne dans le domaine de l'aide aux pays d’Europe du sud. Aujourd'hui la question migratoire est prioritaire pour la politique intérieure de l'Allemagne, et c'est ce qui explique la popularité croissante de ce parti. Mais les flux migratoires ne sont pas la seule raison : la crise migratoire actuelle n'a fait que mettre en lumière le problème des relations entre la société et l'élite politique qui a perdu la confiance de la majorité des citoyens. Elle [l’élite politique] pense seulement à elle-même et à la communication perdue avec la «majorité silencieuse».

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