Les protestations contre la violence policière continueront jusqu'à ce que les autorités réagissent

© MARK WALLHEISER Source: AFP

Les exécutions extrajudiciaires sont tolérées et les autres membres du service de police n'en disent rien car ils ne veulent pas livrer leurs amis, estime Mandela Barnes, représentant démocrate.

Philando Castile, 32 ans, a été arrêté dans l'État du Minnesota à cause d’un feu arrière cassé et s’est vu tirer dessus au moment où il essayait de sortir son permis de conduire. Le meurtre a eu lieu quelques jours avant celui d'Alton Sterling, 37 ans, tué par des agents de police en Louisiane. L'homme aurait menacé les agents de police avec une arme.

RT : Les membres de la famille des victimes réclament une enquête fédérale, ajoutant qu'ils ne font pas confiance à la police. Vous attendez-vous à ce que l'enquête soit transparente ?

Mandela Barnes (M. B.) : Malheureusement, dans beaucoup de cas d'anciens policiers sont restés libres après avoir commis des meurtres atroces. Dans ces cas-là les preuves sont trop choquantes, comme la deuxième vidéo qui vient d'être publiée, montrant la fusillade d'Alton Sterling. Je n'ai même pas pu me décider à regarder la première, mais on dit que la deuxième est encore pire, parce qu'elle montre plus. Je ne vois pas comment ces agents pourraient ne pas être accusés.

Les agents de police ont, pendant trop longtemps, pu s'en sortir à chaque fois

RT : Le meurtre a déclenché l’indignation et poussé des milliers de gens à protester contre la violence policière. Croyez-vous que ces protestations puissent avoir un impact sur les autorités ?

M. B. : Elles devraient en avoir. Ces protestations ne sont pas inattendues. Les gens disent depuis si longtemps : «Il faut rester calme dans des situations pareilles.» Oui, c'est assez vrai. Il faut un certain niveau de civilité, mais les agents n'en ont pas fait preuve du tout dans leur manière de traiter le défunt Alton Sterling. Je ne suis pas sûr que les protestations aient un impact. Les protestations n'ont pas nécessairement besoin d'avoir un impact sur les décideurs, elles devraient plutôt en avoir sur le comportement des policiers à Bâton-Rouge et dans d'autres villes à travers le pays.

RT : Vu le nombre croissant des incidents de brutalité policière et de protestations leur répondant, pourquoi, à votre avis, les agents de police ne sont pas un peu plus prudents pour faire face à de telles situations ?

M. B. : La raison c'est qu'ils ont, pendant trop longtemps, pu s'en sortir à chaque fois. Faire respecter la loi et être au-dessus d’elle sont deux choses différentes. Malheureusement, quand on voit qu'autant de gens arrivent à s'en sortir, beaucoup de ces agents de police sentent qu'ils sont autorisées à faire n'importe quoi. Les exécutions extrajudiciaires sont tolérées et d'autres membres du service de police n'en disent rien pour ne pas livrer à leurs amis. Il existe entre eux une culture très forte «anti-mouchard».

Je m'attends à ce que toutes ces manifestations anti-violences policières continuent parce que les agents de police n'ont pas encore compris le message

RT Vous attendez-vous à ce qu'il y ait un mouvement anti-violences policières de grande envergure, similaire à ce que nous avons vu après le meurtre par la police de Michael Brown à Ferguson il y a presque deux ans ?

M. B. : En ce qui concerne cette communauté, celle de Bâton-Rouge, je m'attends à ce que toutes ces manifestations anti-violences policières continuent parce que les agents de police n'ont pas encore compris le message. Si les autorités locales n'ont pas changé la méthode dans la préparation des agents de police, leurs modes de travail et leurs pratiques, cela veut dire qu'ils n'ont toujours pas compris le message. Il faut donc qu'il y ait encore plus de manifestations jusqu’à ce que quelqu'un le comprenne enfin.

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