Docteur en sciences et essayiste belge, Jean Bricmont est professeur à l’Université catholique de Louvain. Il est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages dont La république des censeurs, Impostures intellectuelles (avec Alan Sokal).

Brexit : une réaction xénophobe ?

© Reinhard Krause Source: Reuters

Peut-on faire diminuer le racisme en imposant des politiques en faveur de la libre circulation des biens et des personnes contre la volonté de la majorité de la population, se demande l'essayiste belge Jean Bricmont.

Beaucoup de gens de gauche réagissent négativement au Brexit, parce qu'ils y voient une réaction «xénophobe» contre la libre circulation des personnes. Avant de répondre plus en détail, je fais quelques remarques en vitesse:

Pensez-vous sérieusement qu'imposer des politiques en faveur de la libre circulation des biens et des personnes contre la volonté de la majorité de la population va faire diminuer le racisme ? 

Depuis des décennies la gauche a fait confiance à une bureaucratie non élue

On m'explique aussi que la victoire du Brexit est une victoire de la droite «extrême», incarnée par des gens comme Nigel Farage or Boris Johnson.

Mais leur succès est entièrement dû au fait que depuis des décennies la gauche a fait confiance à une bureaucratie non élue, supposée protéger les libertés, les droits de l'homme et les droits sociaux - plutôt qu'à son propre peuple.

A la fin, le peuple se révolte contre ce genre de «protection» et quand la gauche perd le peuple, elle perd tout.

S'il y a pas de peuple, il y a pas de démocratie. Et c'est cela le vice fondamental de cette construction européenne.

Ce qui me fascine aussi dans l'histoire du Brexit, c'est de voir les partisans de la tolérance et de l'ouverture (quand il s'agit d'immigration par exemple), genre écolos-bobos, BHL, Cohn Bendit etc. parler de leur propre peuple.

Cela prouve que le seul racisme autorisé aux yeux du politiquement correct - mais qui lui se porte à merveille - est le racisme social. Et, Orwell oblige, ce racisme se déguise souvent en antiracisme officiel.

Le plus absurde dans l'histoire du Brexit ce sont les «nationalistes» écossais qui veulent rester dans l'UE et quitter la GB.

S'il y a pas de peuple, il y a pas de démocratie

Si après des siècles d'appartenance au Royaume-Uni, avec des droits égaux depuis longtemps et la même langue, les Ecossais ne se «sentent» pas Anglais, comment va-t-on faire pour que les Portugais, les Grecs, les Suédois, etc... fassent partie d'un même peuple?

On peut traiter de racistes et de fascistes ceux qui font ce genre de constat. Mais cela ne change rien à la réalité et, de nouveau, utiliser cette tactique d'intimidation montre que l'on n'a rien compris aux mésaventures du communisme.

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