«We’ve done it» : la victoire du Brexit donne des idées à plusieurs politiques européens

L'une des figures de proue du Brexit, Nigel Farage© Neil Hall Source: Reuters
L'une des figures de proue du Brexit, Nigel Farage

Après les résultats du vote britannique donnant le Brexit gagnant, de nombreux hommes politiques du Vieux continent ont appelé à tenir des référendum similaires dans leur pays, alors que d'autres déploraient un «jour triste» pour Bruxelles.

Suivre la voie britannique ?

De nombreuses figures politiques du Vieux Continent ont annoncé sans détour leur volonté de suivre l’exemple de la Grande-Bretagne,en posant la question de l’appartenance à l’Union européenne.

En France, la présidente du Front national Marine Le Pen, qui a salué une «victoire de la liberté», a appelé à tenir «le même référendum en France et dans les pays de l'UE». Le vice-président du parti Florian Philippot a fait une déclaration similaire.

Marine Le Pen s’était affichée, dans la soirée du 23 juin, avec un drapeau français et un autre britannique afin de marquer son soutien à «la liberté des nations». 

Nicolas Dupont-Aignan, du parti souverainiste Debout La France s'est lui aussi réjoui.

Dirigeant du Parti pour la liberté, la formation anti-immigration néerlandaise, Geert Wilders a lui aussi poussé des cris de joie à l’annonce des résultats. «Hourra pour les Britanniques ! Maintenant c’est notre tour», a-t-il tweeté avant de souhaiter «Bye bye» à Bruxelles. 

Jean-Marc Ayrault désapprouve

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault s'est, lui, dit «triste» pour le Royaume-Uni. «L'Europe continue mais elle doit réagir et retrouver la confiance des peuples. C'est l'urgence», a-t-il écrit sur Twitter.

Appelant à une «autre Europe», l’ancien Premier ministre et candidat à l’Elysée Alain Juppé a déclaré : «C'est un choc historique pour la G-B et pour nous. On ne peut pas continuer comme avant, il faut écrire un nouveau chapitre».

«Un jour triste», selon le gouvernement allemand

Du côté de l’Allemagne, on est en revanche moins ravi par ces résultats. Le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré que les résultats britanniques étaient «vraiment préoccupants», ajoutant que c'était «un jour triste pour l’Europe et le Royaume-Uni».

Le ministre des Affaires étrangères polonais a également qualifié le Brexit de «jour triste pour l’Europe».

«We have done it ! It’s independence day»

En Grande-Bretagne, le président du parti indépendantiste UKIP, Nigel Farage, l’une des têtes de file de la campagne pour la sortie de l’Union européenne, a salué l’annonce des résultats : «We have done it ! It’s independence day» (Nous l’avons fait ! C’est le jour de l’indépendance).

«Nous avons retourné l’establishment, les grosses banques et les grandes entreprises», s’est-il réjoui dans une vidéo où il apparaît tout sourire.

Diane Abbott, parlementaire du Parti travailliste qui avait fait campagne pour le camp du maintien dans l'Union a qualifié les résultats de «rugissement de défiance envers l’élite de Westminster», appelant à «écouter attentivement ce qu’ils [les partisans du Brexit] essayaient de nous dire».

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David Cameron annonce qu'il démissionnera 

Le premier ministre David Cameron, qui avait fait campagne pour le «Remain» (rester), a reconnu la défaite et a assuré que la décision des citoyens devait «être respectée».

S’il a voulu «rassurer les investisseurs et les marchés», expliquant que rien ne changerait dans l’immédiat, il a assuré qu’une «autre équipe» avec à sa tête un «nouveau Premier ministre» serait nommée «avant septembre».

Celle-ci devra alors enclencher l’article 50 du traité sur l’Union européenne afin de la quitter au terme de négociations.

Vers de nouveaux référendums en Irlande et en Ecosse ?

Dans la foulée de l’annonce de la victoire du Brexit, le parti républicain Sinn Fein, longtemps associé à l'Armée républicaine irlandaise (IRA), a appelé à la tenue d’«un vote sur la frontière», pour une Irlande unifiée.

Le président du parti, Declan Kearney, a ajouté que le référendum du 23 juin bouleverserait de manière radicale le paysage politique dans le nord de l'Irlande que son parti allait renforcer son appel à l'organisation d'un vote sur la frontière.

L'Irlande du nord, comme l'Ecosse, ont toutes deux voté pour le maintien dans l'Union européenne.

L’ancien dirigeant du Parti national écossais Alex Salmond a indiqué à la chaîne Sky News qu’il «pensait» que la Première ministre et actuel chef du parti, Nicola Sturgeon allait faire pression pour un second référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, après celui de 2014.

«Le vote ici (en Écosse) montre clairement que les Écossais voient leur avenir au sein de l'UE», a déclaré cette dernière.

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