Tireur d'Orlando : mission impossible pour le FBI

Des agents du FBI sur les lieux de la fusillade à la discothèque The Pulse  d'Orlando, le 12 juin 2016.© Jim Young Source: Reuters
Des agents du FBI sur les lieux de la fusillade à la discothèque The Pulse d'Orlando, le 12 juin 2016.

Les critiques contre le FBI affluent alors que l'agence n'a pas réussi à empêcher l’attaque de la discothèque à Orlando. Selon James Conway, ancien agent du FBI, ce sont les législateurs qui sont responsables car ils empêchent le FBI d’agir.

Le FBI a admis lundi qu’Omar Mateen, le tueur présumé de la discothèque d’Orlando, avait fait l’objet de deux enquêtes entre 2013 et 2014. Cependant, les enquêtes avaient été refermées.

RT : Le Département d’Etat a défendu le travail de l’agence dans une conférence de presse lundi 13 juin. Josh Earnest, l’attaché de presse de la Maison-Blanche, a déclaré que «le FBI suivait toutes les règles et toutes les procédures pour mener de telles enquêtes qui sont précisées dans les lois». Qu’est-ce qui pourrait empêcher d’arrêter un suspect alors qu’il fait l’objet d’une enquête ?

Le FBI est submergé. Il y a entre 5 000 et 10 000 cas ouverts d’individus liés à des activités extrémistes

James Conway (J. C.) : Le FBI est submergé. Il y a entre 5 000 et 10 000 cas ouverts d’individus liés à des activités extrémistes et qui représentent une menace pour la sécurité nationale sur le territoire américain. Mais ce qu’a dit Josh Earnest est important «ils suivent toutes les règles». Le FBI ne fait pas les lois. Ce sont les législateurs et les politiciens à Washington qui les font. Ces règles sont très strictes.

RT : Mais cela signifie alors qu’elles ne sont pas assez strictes. Que s’est-il passé pour qu’Omar Mateen passe entre les mailles du filet et commette ce crime, alors qu’il était sur la liste.

On lui a posé des questions, on a récolté des informations sur son passé et l’enquête a été refermée

J. C. : Il n’était pas sur la liste. Il n’y a pas de liste de surveillance. Il faisait l’objet d’une enquête ; il y a eu une demande d’enquête et un début d’investigation. On lui a posé des questions, on a récolté des informations sur son passé et l’enquête a été refermée. On a un certain délai pour refermer ces enquêtes. Ce sont les règles établies par le Congrès, par les législateurs et la Cour suprême – le FBI doit suivre ces règles.

RT : Il a fait l’objet d’une enquête, l’enquête a été refermée et c’est tout. Il ne pouvait plus faire l’objet d’un appel par la police, par le FBI etc. Est-ce cela qui lui a permis de faire ce crime ?

Dès lors qu’un individu ne représente pas une menace et qu’il n’a pas commis de crime, le FBI ne peut plus mener d’enquête sur cet individu

J. C. : Oui. Si le grand public et les législateurs à Washington veulent que cela change, ils doivent changer les règles, mais le FBI a les mains liées dans beaucoup d’enquêtes similaires. Il y a énormément de limites à ce que le FBI peut faire. Dès lors qu’un individu ne représente pas une menace et qu’il n’a pas commis de crime, le FBI ne peut plus mener d’enquête sur cet individu. Il y a des milliers d’enquêtes de ce genre. Les législateurs doivent comprendre que si nous continuons d’ouvrir nos portes à tout le monde, et que les gens dépassent la durée de leur permis de séjour et de leur visa et entre sur le territoire en passant la frontière illégalement, si on parle de violence etc., c’est mission impossible pour le FBI. C’est impossible. Il y a trop de cas. Les gens doivent comprendre – pas seulement les législateurs… Nous avons essayé d’obtenir les conversations téléphoniques de l’extrémiste qui a tué 14 personnes à San Bernardino et Apple a refusé de transmettre ces données au FBI. La société doit faire un choix.

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