La Turquie souhaite que le Pape admette sa faute concernant ses commentaires sur le génocide arménie

Le président du parlement turc Cemil Cicek Source: Reuters
Le président du parlement turc Cemil Cicek

Le président du parlement turc Cemil Cicek a dit à TASS lors d'une interview que les commentaires du Pape concernant le génocide arménien ne sont pas acceptables pour un dirigeant religieux et qu’il doit reconnaître son erreur.

«D’un côté, le Vatican est un Etat, mais le Pape a des obligations religieuses, et les dirigeants religieux doivent promouvoir la paix dans la société», a dit Cemil Cicek. «Mais il a pris parti, c’est ce qui n’est pas juste – cela ne contribue pas à la paix».

Le président du parlement turc a aussi ajouté que la politisation des faits historiques n’est pas acceptable, en ajoutant que le principe fondamental de la loi est la présomption d'innocence. «Et alors que la culpabilité d’un côté n’est pas prouvée et qu’il n’y a pas de décision de la cour internationale, ce n’est pas acceptable d’accuser le peuple et la société», a-t-il dit.

Hier, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu'il rejetait par avance le scrutin du Parlement européen qui doit voter sur la qualification de «génocide» les massacres des Arméniens en 1915. 

«Quelle qu'en soit l'issue, le vote du Parlement de l'Union européenne m'entrera dans une oreille et ressortira aussitôt par l'autre parce que la Turquie ne peut reconnaître un tel péché ou un tel crime», a dit le président turc.

La Turquie a annoncé le 12 avril qu'elle rappelait son ambassadeur au Vatican après les commentaires du Pape qui a utilisé, pour la première fois, le terme de «génocide» concernant les massacres effectués contre les Arméniens il y a maintenant 100 ans.

En savoir plus : le Pape François reconnaît le génocide des Arméniens

Le Pape s’est exprimé à l’ouverture d’une messe à la mémoire des arméniens massacrés entre 1915 et 1917. Il a dit que c’était son devoir de rendre hommage aux hommes, femmes, enfants et ecclésiastiques innocents tués par les Turcs ottomans.

«Au siècle dernier, notre famille humaine a traversé trois tragédies massives et sans précédent. La première, qui est largement considérée comme «le premier génocide du XXe siècle» a frappé votre peuple arménien», a dit le pontife.

«Occulter ou nier le mal, c'est laisser une blessure ouverte saigner sans la panser», a-t-il ajouté.

D’après les estimations, environ 1,5 millions d’arméniens ont été tués à la fin de l’empire ottoman à la veille de la Première Guerre Mondiale. De nombreux historiens et une vingtaine de pays dont la France et la Russie ont reconnu le génocide.

La Turquie nie que l'Empire ottoman a organisé le massacre systématique de sa population arménienne pendant la Première Guerre mondiale et refuse le terme de «génocide» que l'Arménie répète toujours. Tout de même, il admet que de 300 000 à 500 000 Arméniens et turcs ont péri lors de la guerre civile qui a éclaté à cette époque.

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