«Tirez sur la police, sinon frappez les civils» : l’Iran révèle les messages audios envoyés de l’étranger aux fauteurs de troubles

«Tirez sur la police, sinon frappez les civils» : l’Iran révèle les messages audios envoyés de l’étranger aux fauteurs de troubles Source: AP
Des manifestants autour d’un feu, à Téhéran, le 9 janvier 2026. [Capture d’écran]
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Le ministre iranien des Affaires étrangères assure que les manifestations en Iran ont été détournées par des groupes armés opérant sous influence étrangère afin de provoquer une intervention américaine. Téhéran affirme disposer d’enregistrements et de documents établissant l’implication directe des États-Unis et d’Israël dans des actes terroristes.

Les autorités iraniennes estiment que les violences ayant secoué le pays dépassent largement le cadre de simples protestations sociales. Selon le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, des groupes armés ont infiltré des rassemblements initialement pacifiques afin de provoquer un chaos généralisé, visant aussi bien les forces de l’ordre que des civils.

« Les manifestations ont été transformées en bain de sang uniquement pour donner un prétexte au président américain à intervenir militairement », a déclaré le chef de la diplomatie iranienne lors d’une rencontre avec des ambassadeurs étrangers à Téhéran. Il a souligné que cette dérive violente ne correspondait en rien aux revendications économiques exprimées au départ par les manifestants.

Abbas Araghchi affirme que l’Iran dispose de « nombreux documents et enregistrements vocaux » démontrant une coordination depuis l’étranger. « Nous avons des messages audios envoyés de l’étranger aux fauteurs de troubles : “S’il y a la police, tirez sur la police, sinon frappez les civils. Le but est d’avoir plus de victimes” », a-t-il précisé.

Une stratégie déstabilisatrice orchestrée depuis l’étranger

Le ministre iranien évoque un basculement délibéré dans la violence à partir du 8 janvier. À cette période, selon lui, les principales revendications économiques étaient le sujet de discussions entre les autorités et les syndicats, et la mobilisation commençait à faiblir. C’est alors que des éléments armés seraient apparus dans plusieurs villes, aggravant la situation de manière coordonnée.

« Les menaces du président américain ont encouragé les terroristes à attaquer à la fois les manifestants et les forces de sécurité pour provoquer une ingérence extérieure », a expliqué Abbas Araghchi. Selon les chiffres officiels, ces violences ont causé la mort d’au moins 13 civils, dont un enfant, et de 38 membres des forces de sécurité.

Dans ce contexte, Donald Trump a menacé l’Iran de frappes militaires d’une puissance « jamais vue ». En réponse, Téhéran a averti que toute attaque justifierait une riposte immédiate. Les bases américaines et israéliennes dans la région sont désormais considérées comme des cibles légitimes en cas d’agression.

L’Iran prêt à se défendre, mais ouvert au dialogue

Tout en réaffirmant que la situation est « sous contrôle total », Abbas Araghchi a transmis un message de fermeté. Il a accusé les puissances occidentales d’appliquer une politique de deux poids, deux mesures. « Les États qui ferment les yeux sur le massacre de dizaines de milliers de civils à Gaza se permettent aujourd’hui de donner des leçons de droits de l’homme à l’Iran », a-t-il déclaré.

Le ministre a également dénoncé les campagnes médiatiques étrangères visant, selon lui, à diaboliser la réponse des forces de sécurité iraniennes. Il a rappelé que des dizaines de policiers ont été tués et que de nombreuses infrastructures ont été attaquées par des groupes qualifiés de « terroristes » par Téhéran.

Malgré les menaces, l’Iran se dit toujours favorable à une voie diplomatique. « Nous sommes prêts à la guerre, mais nous sommes aussi prêts à des négociations honnêtes, fondées sur le respect mutuel et l’égalité », a affirmé Abbas Araghchi.

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