Cinq faits que vous devez connaître sur le Yémen et ses conflits

Capture d'écran de la vidéo de RT
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Le Yémen, l’un des pays les plus pauvres et les plus violents du Moyen-Orient, est une zone stratégique pour les acteurs régionaux et les groupes terroristes dangereux.

La location stratégique

Le territoire situé près de la frontière du  est l’ancien berceau de la civilisation au Moyen Orient, jadis appelé «l’Arabie heureuse». Les terres du Yémen étaient plus fertiles que les autres sur la péninsule Arabique parce qu’elles recevaient plus de pluies grâce aux hautes montagnes. Mais les ressources naturelles, y compris le pétrole, ont diminué, et le Yémen avec une population d’environ 26 millions d’habitant est très pauvre actuellement.

Le pays bénéficie toutefois d’une location géostratégique capitale parce qu’il est situé à l'extrémité sud-ouest de la péninsule Arabique. Le Yémen se trouve le long de la grande route maritime entre l’Europe et l’Asie, près des voies de navigation et de commerce de la mer Rouge. Des millions des barils de pétrole passent dans ses eaux territoriales : vers la Méditerranée par le Canal de Suez et depuis les raffineries de pétrole en  à destination des marchés asiatiques. Le nœud de transport d’Aden était l’un des ports les plus animés au XXème siècle.

Le Yémen du Nord, le Yémen du Sud, plus des tribus

Bien que l’histoire des terres du Yémen remonte à des milliers d’années, le Yémen contemporain est un Etat jeune, ses frontières actuelles ont pris forme en 1990 après que la réunification du Nord et du Sud du pays. Avant cela, les deux parties étaient impliquées dans des conflits internes.

La République du Yémen du Nord a été instaurée en 1970 après quelques années de guerre civile entre royalistes, soutenus par l’Arabie saoudite, et républicains, soutenus par . L’ancien président yéménite Ali Abdullah Saleh est arrivé au pouvoir à l’aide de l’armée. Bien que le Yémen du Sud ait convenu de fusionner avec la république du nord en 1990, le Nord et le Sud sont devenus le théâtre d’une nouvelle guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de victimes.

A l’extérieur des grandes villes yéménites, il y a des tribus autonomes. Beaucoup d’habitants possèdent des armes, il y aurait même plus d’armes que d’habitants. Les milices tribales répriment l’armée nationale et appliquent leurs propres lois qui se basent plus sur les traditions que sur la constitution du pays. Les Houthistes sont devenus la milice la plus puissants du pays.

Une confrontation sunnites-chiites

La majorité de la population yéménite est musulmane, mais elle est partagée entre plusieurs branches de l’Islam, les sunnites et les zaïdites, une branche du courant chiite. Les divisions se basent sur le long conflit religieux qui a commencé au moment de la succession du prophète Mahomet. Les musulmans chiites croient qu’elle revient à son cousin, alors que les sunnites pensent que Mahomet a choisi son ami proche et conseiller Abou Bakr comme premier calife de .

Les zaïdites, qui représentent environ 40% de la population yéménite, sont les seuls musulmans chiites qui ne croient pas à l’infaillibilité ni au choix divin des imams. Raison pour laquelle ils restent proches des sunnites. Mais au cours des dernières décennies, les idées sunnites qui viennent de l’Arabie saoudite sont devenues plus influents au Yémen.

Les Houtis

Les Houthis sont une sous-catégorie des zaïdites. Le nom du groupe vient du nom de la famile qui dirige la tribu. Son représentant, un chef religieux zaïdite et ancien membre du parlement Houssein Badreddin al-Houthi, a été accusé par le gouvernement d’avoir orchestré une révolte houtiste, y compris des manifestations violentes anti-israéliennes et anti-américaines en 2004. Le régime yéménite l’a pourchassé et cela s’est terminé par des centaines d’arrestations, la mort du chef zaïdite, ainsi que celle de dizaines de ses partisans.

Depuis lors, les Houtis luttent contre le pouvoir central et réclament plus d’influence politique.

Le président yéménite Abed Rabbo Mansour Hadi a affirmé que les Houtistes étaient soutenus par le Hesbollah, les milices chiites libanaises. Quelques responsables occidentaux ont allégué que l’Iran, le pays des chiites, fournissait un soutien financier aux Houthis dans un effort de contrôler la côte yéménite de la mer Rouge. Les Houthis le démentent.

Al-Qaïda et Daesh

Depuis 2009, le Yémen sert de base opérationnelle aux combattants d’Al-Qaïda. Après la fusion des branches saoudienne et yéménite d’Al-Qaïda pour former Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique, ce groupe est devenu l’un des plus grands exportateurs mondiaux de terrorisme. La famille d’Oussama ben Laden a vécu dans le sud du Yémen avant d’immigrer en Arabie saoudite.

Les Etats-Unis soutiennent la lutte du Yémen contre Al-Qaïda. Depuis 2007, Washington a fourni plus de 500 millions de dollars d’aide militaire au Yémen par le biais de programmes menés par le département de la Défense et le département d’Etat. Les Américains ont également procédé à des attaques controversées de drones contre les terroristes basés au Yémen.

L’idéologie d’Al-Qaïda se base sur l’Islam sunnite radical. Il est par conséquent hostile aux Houthis qui sont en guerre avec Al-Qaïda.

Le chaos yéménite a fourni un terreau fertile à l’extrémisme. Pour le moment, des groupes extrémistes, affiliés à Daesh, organisent des attentats terroristes contre les militaires et les civils. L’attaque terroriste du 20 mars à Sanaa, la capitale, a fait 100 morts et environ 250 blessés. Daesh en a revendiqué la responsabilité.

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