L'extrême droite suédoise oscille entre méthodes criminelles et désinformation contre les réfugiés

Un bâtiment destiné à accueillir des réfugiés incendié, le 27 octobre dernier en Suède © Scanpix Sweden Source: Reuters
Un bâtiment destiné à accueillir des réfugiés incendié, le 27 octobre dernier en Suède

La Suède connaît actuellement une montée du sentiment anti-immigrés, avec sur son sol des incendies de bâtiments destinés à accueillir des demandeurs d'asiles, et à l'étranger la diffusion de faux tracts visant à décourager les réfugiés de venir.

«Pas d’argent, pas de travail, pas de logement», c’est sous ce titre que le message, initié par un groupe se décrivant comme étant les «Démocrates Suédois, les Femmes-DS et le Peuple de Suède», a été diffusé dans un camp de réfugiés sur l’île grecque de Lesbos, afin de dissuader les réfugiés de se rendre dans le pays nordique. Le tract affirme que l’immigration massive a causé des «attaques à la grenade dans des lieux public» et «un nombre très élevé de fusillades et de violences liées à la criminalité». On peut aussi y lire que l’abattage halal ou le fait de porter le voile islamique seront interdits, bien que la plupart des partis politiques suédois ne soutiennent pas, et ne comptent pas soutenir ces mesures.

Lire aussi : En Suède, la crise migratoire aura-t-elle raison de la «superpuissance humanitaire» ?

Les Démocrates Suédois avaient précédemment annoncé qu’ils avaient l’intention de mettre en place une campagne afin d’informer les réfugiés à l’étranger que les conditions de vie en Suède n’étaient pas aussi bonnes que ce que pensent de nombreux potentiels demandeurs d’asile. Le parti n’a pas encore confirmé l’information, mais se prononcera à ce sujet demain.

La Suède est plus largement touchée par une vague d’attaques incendiaires contre des bâtiments destinés à recevoir des demandeurs d’asiles, dont le dernier incident recensé a eu lieu samedi. L’hostilité contre les immigrés s’est développée ces dernières années en Suède, ainsi que peut en attester le renforcement de la présence de partis d’extrême droite dans les institutions suédoises.


Se confiant à RT, Adrian Groglopo – professeur de sciences sociales à l’université de Göteborg – a affirmé : «le pays est en train de se polariser, d’un côté les personnes qui ne veulent pas des immigrés et des réfugiés, et de l’autre une large part de la population qui aide les immigrés et les demandeurs d’asile», ajoutant que «ces attaques terroristes d’extrême droite déstabilisent les bases de la société suédoise».


La Suède doit recevoir 190 000 réfugiés d’ici à la fin de l’année, ce qui représente le nombre le plus élevé par habitant de l’UE. Le gouvernement a annoncé ce vendredi qu’il n’était pas capable de loger plus de demandeurs d’asile et leur a réclamé de rester en Allemagne. Ainsi, certains pays nordiques ont changé leur législation afin de décourager les réfugiés de venir dans leurs pays, comme le Danemark, qui a diminué de 50% les allocations destinées aux migrants depuis le mois de septembre. La Norvège et la Finlande, qui voient aussi une montée en puissance des partis nationalistes, envisagent des réformes afin de se rendre moins désirables aux yeux des réfugiés.

Lire aussi : Suède, l'attaque au sabre perpétrée pour des motivations racistes, selon la police

Mais pour certains experts, ces changements pourraient n’avoir aucune incidence sur le nombre de postulants à l’asile. Asle Toje, un spécialiste en relations internationales norvégien, a déclaré à The Local : «Les réfugiés ne viennent pas principalement pour profiter de l’Etat providence. Ils fuient des pays où il y a la guerre, des conflits. Donc même si nous réduisons les services, je ne pense pas que cela diminuera nécessairement le nombre de demandeurs d’asile».

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales