Après la tragédie de l'A321, quel avenir pour les aéroports en matière de sécurité ?

Un agent spécial fouillant un bagage suspect, lors d'un exercice à l'aéroport de Schoenfeld à Berlin en Août 2015.© Stephanie Loos
Un agent spécial fouillant un bagage suspect, lors d'un exercice à l'aéroport de Schoenfeld à Berlin en Août 2015.

La récente catastrophe de l'avion russe dans le Sinaï va très probablement provoquer des changements radicaux dans la législation sur la sécurité dans les aéroports internationaux, notamment en ce qui concerne la fouille des bagages des passagers.

Depuis l'explosion en plein vol de l'avion de la compagnie russe Kolavia avec 224 personnes à son bord, des questions sécuritaires primordiales se posent.

Car dans la plupart des aéroports, chacun peut se promener librement sans que ses effets personnels ne soient vérifiés par qui que ce soit. Or, dans l'affaire de l'A321, bien que la cause de la tragédie soit encore loin d'être déterminée, l'hypothèse la plus probable est qu'une bombe a été placée à l'intérieur de l'appareil à l'aéroport de Charm el-Cheikh. 

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Pour éliminer ce genre de danger dans le futur, les passagers rentrant d'Egypte sont actuellement dans l'obligation de laisser leurs bagages à l'aéroport de Charm El-Cheikh, les autorités des pays de provenance des touristes étrangers recevant chaque bagage séparemment. Une solution très coûteuse qui, à long terme ne peut s'avérer concevable. 

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Quelles sont les techniques pour éviter une nouvelle catastrophe du même genre ?

Pour éviter de s'embourber dans des procédures de sécurité interminables, les compagnies aériennes et les responsables de la sécurité de chaque pays comptent dresser une liste des aéroports considérés comme dangereux (comprendre : où la sécurité n'est pas fiable à 100%) et réfléchir à de nouvelles techniques. 

Parmi ces dernières, la fouille des bagages à l'abri des regards et avant leur embarcation dans l'avion, une technique déjà employée dans certaines parties du globe. Procédé : Chaque passager déclare le contenu de ses bagages et lors de la fouille, tout objet non déclaré est laissé sur place pour être analysé (ou stocké, réquisitionné etc.). 

Autre moyen de lutter contre les imprévus tragiques, l'agent de sécurité spécialisé. Son rôle sera de surveiller et, si besoin, de procéder à la fouille des passagers et du personnel de l'avion avant que ces derniers n'embarquent à bord de leur vol. 

Il y a 27 ans, en 1988, 270 personnes avaient perdu la vie lorsqu'un Boeing 747 de la Pan Am Airlines a explosé au-dessus de Lockerbie au Sud de l'Ecosse, après qu'une bombe ait été placée à son bord par des terroristes, dissimulée dans les bagages en soute de l'appareil, sans que le passager propriétaire de ce bagage ne soit présent sur le vol.

Après cet attentat meurtrier, la sécurité aéroportuaire a radicalement changée aux Etats-Unis. Depuis, les bagages ne peuvent être enregistrés pour voyager dans l'avion sans leur propritaire. Par contre, l'inatention aux bagages en cabine ont conduit aux attentats du 11 septembre 2001, lors desquels des objets dangereux ont pu être transportés dans l'avion par les terroristes.

Une autre solution radicale serait donc de limiter l'accès aux terminaux uniquement pour les passagers munis d'un billet et de fouiller méticuleusement leurs bagages avant qu'ils ne soient autorisés à entrer dans la zone d'embarquement. Une telle démarche est susceptible d'être particulièrement impopulaire auprès des passagers et des aéroports eux-mêmes, qui perdraient des revenus considérables, voyant leur fréquentation baisser. 

En tout état de cause, la question sécuritaire dans les aéroports va assurément rester au centre des préoccupations internationales dans les mois à venir, l'augmentation des mesures de restriction en vu d'éviter tout danger terroriste laissant craindre un péril progressif des libertés individuelles des passagers.

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