Les prix du pétrole repartent à la hausse, le baril de Brent dépasse les 120 Dollars

- Avec AFP

Une raffinerie du groupe pétrolier Tesoro Corp. à Anacortes, aux Etats-Unis, le 2 avril 2010© Ted S. WARREN Source: AP
Une raffinerie du groupe pétrolier Tesoro Corp. à Anacortes (Etat de Washington), Etats-Unis, le 2 avril 2010 (illustration).
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Ce 23 mars, le prix du baril de pétrole est repassé au-dessus de la barre des 120 dollars, après une brève accalmie. Cette hausse intervient alors que les pays occidentaux envisagent d'instaurer un embargo sur l'achat du pétrole russe.

L'accalmie sur l'or noir aura été de courte durée. Les prix du pétrole sont repassés au-dessus de la barre des 120 dollars le baril le 23 mars, en préambule à plusieurs sommets internationaux laissant présager de nouvelles sanctions occidentales contre la Russie. 

Vers 14h15 GMT (15h15 à Paris), le contrat rapproché de Brent de la mer du Nord, référence de l'or noir en Europe, pour livraison en mai prenait 4,43% à 120,59 dollars le baril. Le baril de WTI coté à New York gagnait pour sa part 4,44% à 114,12 dollars.

Les cours de l'or noir avaient dévissé ces derniers jours de leur pic atteint au début de la guerre en Ukraine, évoluant même brièvement sous les 100 dollars une semaine auparavant. 

La Russie a parallèlement «mis en garde contre une forte baisse des exportations de pétrole via l'oléoduc Caspian Pipeline Consortium après que l'infrastructure a été endommagée par une tempête», explique Walid Koudmani, analyste chez XTB. Cet oléoduc achemine le pétrole de la mer Caspienne jusqu'au port russe de Novorossiysk. Sa dégradation met en péril un approvisionnement quotidien d'environ un million de barils de pétrole par jour. De quoi doper les prix de l'or noir sur un marché déjà tendu.

Alexandre Novak, vice-Premier ministre russe chargé de l'Energie, a déclaré le 23 mars qu'il était «absolument évident que sans les hydrocarbures russes, si des sanctions sont imposées, les marchés du gaz et du pétrole s'effondreront». Le même jour, Moscou a accusé les Etats-Unis d'entraver les «difficiles» négociations russo-ukrainiennes, estimant que le but de Washington était de «dominer» l'ordre mondial, y compris par le biais des sanctions.

La perspective de perturbations à grande échelle de la production russe menace de créer un choc mondial de l'offre pétrolière

La Russie est le plus gros exportateurs de pétrole mondial, avec huit millions de barils par jour (mb/j) de pétrole brut et de produits raffinés à destination du reste du monde, selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) publié en mars. L'AIE estime que trois millions de ces barils pourraient manquer à l'appel à partir d'avril, un déficit qui pourrait encore s'aggraver en cas de nouvelles sanctions contre la Russie. «La perspective de perturbations à grande échelle de la production russe menace de créer un choc mondial de l'offre pétrolière», affirme l'agence internationale.

Dans son rapport, l'AIE précise que face à cette diminution potentielle, «il y a peu de signes d'une augmentation de l'offre provenant du Moyen-Orient ou d'une réallocation significative des flux commerciaux». Selon l'AIE, les pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ont refusé d'augmenter leur production pour soulager le marché, s'en tenant à un relèvement graduel de 400 000 barils par jour pour le mois d'avril.

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