Des ONG exhortent l'administration Biden à annuler les poursuites contre Assange

Des ONG exhortent l'administration Biden à annuler les poursuites contre Assange© PEDRO PARDO Source: AFP
Des manifestants exigent la libération du fondateur de Wikileaks Julian Assange, à Mexico, le 28 août 2021.
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Après la publication d'un article confirmant des plans de la CIA visant à enlever et assassiner Julian Assange, plusieurs organisations de défense des libertés ont exigé dans une lettre la fin des poursuites contre le lanceur d'alerte.

Comme le rapporte le site Yahoo, plusieurs ONG, parmi lesquelles figurent Human Rights Watch et Amnesty International USA, ont appelé dans une lettre, le 18 octobre, le procureur général des Etats-Unis Merrick Garland – à la tête du département de la Justice dans l'administration Biden –, à abandonner les poursuites contre Julian Assange après la publication par Yahoo News d'un article explosif.

Se basant sur les témoignages de multiples sources au sein du renseignement américain, l’article a confirmé l'existence d'un projet fomenté en 2017 à Washington, consistant à enlever et assassiner Julian Assange, alors confiné dans l'ambassade d'Equateur à Londres.

«Nous vous exhortons respectueusement à abandonner l'appel en cours de la décision du juge [Vanessa] Baraitser [de ne pas extrader Julian Assange vers les Etats-Unis] et à rejeter l'acte d'accusation [le visant]», écrivent les signataires

«Le récit de Yahoo News ne fait qu'accroître nos inquiétudes quant aux motivations derrière ces poursuites et au dangereux précédent qui est en train d'être créé», s’alarment-ils.

Plusieurs sources du renseignement étasunien interrogées par ces journalistes d'investigation confirment qu'en 2017, alors que Julian Assange commençait sa cinquième année enfermé à l'ambassade d'Equateur à Londres, la CIA aurait fomenté un projet pour enlever le fondateur de WikiLeaks, «suscitant un débat houleux parmi les responsables de l'administration Trump sur la légalité et la faisabilité d'une telle opération».

Si l'article précise que rien n'indique que les mesures les plus extrêmes «aient jamais été approuvées» par la Maison Blanche, quatre ex-responsables assurent que Mike Pompeo, ancien patron de la CIA (2017-2018), devenu par la suite secrétaire d'Etat de Donald Trump (2018-2021), a débattu du projet d'enlèvement lors de réunions entre de hauts responsables de l'administration présidentielle. Si Mike Pompeo est connu pour être ouvertement opposé à Julian Assange, les journalistes de Yahoo précisent toutefois que le scénario de l'enlèvement «précédait l'arrivée de Pompeo à [la tête de la CIA]».

Durant un podcast révélé le 30 septembre par Yahoo News, soit quatre jours après la publication de ses révélations sur l'affaire Assange, Mike Pompeo a confirmé que certains éléments de l'article en question étaient «vrais», notamment l'existence d'une campagne agressive de la CIA visant à cibler WikiLeaks après la série de révélations baptisée «Vault 7», à travers laquelle l'organisation de Julian Assange avait, en 2017, mis en lumière des outils et méthodes de piratage utilisés par le renseignement américain.

Depuis la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres, Julian Assange s'est vu refuser le 6 janvier une mise en liberté conditionnelle, en attendant que soit examiné l'appel formé par les Etats-Unis concernant son extradition. S'il venait à être extradé, il encourrait 175 de prison dans un établissement pénitentiaire de très haute sécurité Supermax aux Etats-Unis, la plupart des accusations étant liées à la publication de de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan, divulgués en 2010 par l'ancienne analyste du renseignement de l'armée Chelsea Manning.

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