Yémen : les rebelles s’emparent d’une chaîne de télévision lors d’émeutes dans la capitale

(REUTERS/Khaled Abdullah Source: Reuters
(REUTERS/Khaled Abdullah

Des affrontements ont éclaté entre les rebelles Houthis et l’armée yéménite près du palais présidentiel à Sanaa. Lors des échauffourées où des tirs d’armes à feu et de mortier ont été échangés, les insurgés ont pris la télévision nationale.

« Les Houthis se sont emparés l’agence de presse d’Etat SABA », a confirmé le ministre yéménite de l’Information, Naser Taha Moustafa sur les ondes de la télévision Al Arabiya. « Cette opération est un pas vers un coup d’Etat », a poursuivi le ministre.

Les émeutes ont eu lieu dans les environs du palais présidentiel et de la résidence du chef de la Sécurité nationale. Le quartier diplomatique au sud de la capitale yéménite a également été touché. Pour l’instant, on ne sait pas si le président Abd-Rabbou Mansour Hadi se trouvait dans sa résidence à ce moment-là.

Les batailles de rues ont duré quelques heures, faisant au moins 2 morts et 14 blessés. L’escorte qui accompagnait le premier-ministre Khaled Bahah a été prise pour cible à un poste de contrôle houthi au terme d’un entretien avec le président Hadi et son conseiller houthi, Saleh al-Samad, qui avait pour but de faire retomber les tensions.

Plus tard dans la journée, les deux parties ont proclamé un cessez-le-feu même s’il est impossible de savoir s’il sera respecté. Saleh al-Samad a publié une liste de revendications, incluant ce que les Houthis appellent une représentation juste pour Ansarallah, leur section politique, et la modification des clauses du projet de Constitution, violant un accord de septembre qui intégrait ce parti au sein du gouvernement. « Si l’accord précédent n’est pas respecté, il y a un risque d’escalade… Et il sera difficile d’inverser la tendance qui fera beaucoup de dégâts », a dit le conseiller.

Regardez les combats dans une vidéo recente mise en ligne lundi.

Le projet de Constitution controversé a été publié samedi. Il a pour but de réduire de nombreux conflits tribaux, sectaires et régionaux dans un pays qui doit faire face à une sécession dans le Sud et à la campagne d’Al Quaeda.

Les shiites houthis qui sont considérés comme les alliés de l’Iran dans la lutte pour le pouvoir dans la région contre l’Arabie saoudite, ont pris Sanaa et quelques autres parties du pays l’automne dernier. A partir de ce moment-là, ils ont participé au gouvernement du Yémen, mais les tensions avec la majorité sunnite persistent. L’escalade de la violence a eu lieu après que les Houthis ont désapprouvé une réforme de la Constitution qui réduirait leur influence au sein du gouvernement.

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