Affaibli par ses propos sur Hitler, Benjamin Netanyahou rencontre John Kerry

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et John Kerry le 22 octobre © Carlo Allegri Source: Reuters
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et John Kerry le 22 octobre

La rencontre entre Benjamin Netanyahou et John Kerry a été quelque peu assombrie par les propos du Premier ministre israélien, qui a récemment affirmé qu’Adolf Hitler avait décidé le génocide des juifs sous l'influence du grand mufti de Jérusalem.

Le chef du gouvernement israélien est sous le feu des critiques depuis sa sortie remarquée devant le Congrès Sioniste Mondial. Il est notamment accusé de faire le jeu des révisionnistes, après avoir déclaré qu’Hitler ne souhaitait pas exterminer les juifs mais seulement les expulser d'Europe avant sa rencontre avec le responsable religieux palestinien. Ses détracteurs lui ont également reprochl le fait d'avoir tenu ses propos la veille de sa visite en Allemagne, qui a réaffirmé sa responsabilité dans l’holocauste par la voix de sa chancelière lors d'une conférence de presse.


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Pour le directeur du centre Minerve d’histoire allemande à l’université hébraïque de Jérusalem, Moshé Zimmermann, ces propos illustrent son «désir de calomnier les Palestiniens», tout en «lavant partiellement les crimes de l’Allemagne nazie» et en donnant du grain à moudre à l’extrême-droite et aux révisionnistes. «Netanyahou mettra longtemps à réparer ce qu’il a fait, même s’il dit que ce n’est pas ce qu’il a voulu dire. Sa déclaration sera citée sur tous les sites d’extrême-droite en Europe et aux Etats-Unis», a ajouté le directeur.

Dina Porat, historien en chef du mémorial de Yad Vashem, indique lui que la citation du dialogue entre le mufti et Adolf Hitler reprise par le Premier ministre israélien ne figure dans aucun compte-rendu de leur rencontre. Même certains de ses supporters ont vertement critiqué Benjamin Netanyahou. Parmi eux Noah Klieger, survivant de l’holocauste, qui a qualifié ces propos de «faute» «diabolique et ridicule» dans le Yedioth Aronoth, ajoutant qu’il ne comprenait pas ce qui l’avait mené à dire une chose «si insensée à la veille de son voyage en Allemagne», trouvant même étrange que le Premier ministre israélien se sente obligé de formuler des «mensonges historiques».

Benjamin Netanyahou a aussi été la cible de nombreuses moqueries sur internet, notamment sur Twitter avec les hashtags #themuftimademedoit (le mufti me l’a fait faire) et #themuftichangedmymind (le mufti m'a fait changer d'avis), avec de nombreux memes, dessins, et autres détournements vidéos visant à pointer le ridicule de cette déclaration.

Même le porte-parole de John Kerry, John Kirby, a déclaré (tout en se gardant bien de ne pas le critiquer directement) que «les études historiques ne confirma[ient] pas la déclaration de Netanyahou». C’est pourquoi, lorsque le Premier ministre a accusé le représentant de l’Autorité Palestinienne d’inciter au terrorisme, le secrétaire d’Etat américain, circonspect, a préféré ne pas commenter cela et a simplement rappelé qu’il fallait «arrêter les incitations à la haine et à la violence».

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