Au Danemark, la dissection d'animaux en public «fait partie de l'éducation», selon une spécialiste

La dissection d'un lion au zoo d'Odense au Danemark devant une foule d'enfants.© Scanpix Denmark Source: Reuters
La dissection d'un lion au zoo d'Odense au Danemark devant une foule d'enfants.

Tandis que les euthanasies d'animaux pour cause de surpopulation dans les zoos et les dissections publiques sont devenues monnaie courante au Danemark, une journaliste américaine affirme que cela fait partie d'une «bonne éducation des enfants».

On se souvient de Marius le Girafon, abattu dans le zoo de Copenhague, dissequé puis jeté aux lions devant une foule de marmots à la fois aboussourdis et fascinés par ce cru spectacle.  

Aujourd'hui, tandis qu'une nouvelle dissection publique a eu lieu au zoo d'Odense, au centre du Danemark, Jessica Alexander, une écrivain et journaliste américaine travaillant pour The Local et spécialiste de l'éducation danoise défend ces procédés que beaucoup peuvent trouver cruels voire inhumains, dans un argumention récemment parue dans son journal.

La spécialiste explique qu'en fait, au Danemark, ce genre de spectacles qui scandalisent certains parents, est tout à fait normal et fait partie intégrante d'un système qui place la confrontation avec la réalité de la vie au premier plan lorsqu'il s'agit d'éduquer les enfants. 

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Et Jessica Alexander de poursuivre : «il s'agît d'un très bon exemple de la manière authentiquement danoise de confronter directement son enfant à la réalité de la vie», ajoutant que les parents danois sont «très honnêtes avec leurs enfants lorsqu'il s'agit de sujets cruciaux tels que la Vie et la Mort, le Bien le Mal, le Beau et le Laid».

La jeune femme explique que si d'autres trouveraient cela bien trop éprouvant pour les enfants, les danois estiment eux, que des enfants surprotégés et qui n'ont pas assez conscience du monde extérieur et de ses extrêmes deviennent peu sûr d'eux et perdent en autonomie et en énergie de vivre. Il faut donc «les secouer un peu» pour qu'il n'aient pas peur de la vie et atteignent à long-terme une forme de bien être et de béatitude.

«Où est la limite entre protection et répression, entre réalité et la censure ?», interroge-t-elle le lecteur de son argumentation. «Est-il vrai ou faux que des animaux sont mis dans des zoos en raison d'une surpopulation ? N'est-il pas vrai que de nombreux humains mangent de la viande ? Est-ce faux de dire que cette viande provient d'animaux morts, abattus ?» interpelle-t-elle ceux qui seraient rétiscents à ses arguments.

La spécialiste, auteur de «l'éducation parentale à la danoise, un guide pour que votre enfant soit le plus heureux au monde» (en anglais : The Danish Way of Parenting: A Guide to Raising the Happiest Kids in the World) considère que s'offusquer des dissections et interdire à ses enfants d'y assister ne pourra que contribuer à un véritable choc lorsque les enfants seront, une fois plus grands, confrontés à la réalité de la vie.  

«De quoi les [les enfants] protégeons nous exactement ?», s'interroge-t-elle ? «Nous disons bien à nos enfants "là-bas, c'est la jungle" ! Les confronter à cette réalité n'est-il pas le meilleur moyen de le leur faire réaliser ?».

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Jeudi 15 octobre à midi, un lion âgé d'un an a été disséqué en public au zoo d'Odense. L'opération a été effectuée en présence d'enfants. L'animal avait été euthanasié en février dernier avec son frère et sa sœur, tous trois en parfaite santé, en raison d'une surpopulation de fauves dans le zoo. Leurs corps ont été conservés neuf mois durant en salle réfrigérée, en attendant cette dissection publique.

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