La Thaïlande retarde soudainement le lancement de la vaccination avec l'AstraZeneca

- Avec AFP

La Thaïlande retarde soudainement le lancement de la vaccination avec l'AstraZeneca© Luis Echeverria Source: Reuters
Une infirmière s'apprête à administrer un vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 au Guatemala, 10 mars (image d'illustration).
Suivez RT France surTelegram

Suivant le coup d'arrêt porté à la campagne de vaccination contre le Covid-19 avec la formule du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca consécutif au constat de potentiels effets secondaires graves, la Thaïlande en suspend l'administration.

La Thaïlande a soudainement retardé le lancement de sa campagne de vaccination avec l'AstraZeneca alors que ce vaccin fait l'objet de craintes liées à la formation de caillots sanguins. La campagne de vaccination avec l'Oxford/AstraZeneca devait débuter ce 12 mars, le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha devant être le premier à recevoir ce produit devant les caméras.

Mais à 8h30 (2h30 en France), l'ancien général à la tête du pays ne s'est pas présenté, l'événement ayant été soudainement annulé. Il a été remplacé par une conférence de presse des autorités sanitaires. 

«L'administration de vaccins aux Thaïlandais doit être sûre, nous ne devons pas nous presser», a déclaré lors d'un point presse Piyasakol Sakolsatayadorn, conseiller auprès du comité national en charge de la campagne de vaccination contre le Covid-19 dans le pays.

«Bien que la qualité d'AstraZeneca soit bonne, certains pays ont demandé que son utilisation soit retardée [et] nous allons la retarder aussi», a-t-il ajouté. Cette déclaration est faite au lendemain de l'annonce par le Danemark, l'Islande et la Norvège de la suspension des injections du vaccin d'AstraZeneca contre le Covid-19 en invoquant le principe de précaution. 

L'Agence nationale danoise de la Santé, la première à annoncer cette décision, a invoqué la prudence face à des «cas graves de formation de caillots sanguins chez des personnes vaccinées», même si «à l'heure actuelle» le lien entre le vaccin et les caillots sanguins n'a pas été établi.

Les vaccinations retardées en Europe

«Nous attendons que le Danemark et l'Autriche rendent leurs conclusions», a déclaré le virologue Yong Poovarawan. Et d'ajouter : «Nous retardons, le temps que les autres établissent si (les effets secondaires) sont causés par le vaccin ou si c'est seulement sur un lot spécifique.»

La Thaïlande avait déjà lancé sa campagne de vaccination il y a un mois avec le vaccin du laboratoire chinois Sinovac, et les soignants avaient été les premiers à être vaccinés le 28 février. Bangkok, qui a mis en place de sévères restrictions pour toutes les personnes entrant dans le pays, a jusqu'à présent réussi à contenir la pandémie de coronavirus. Quelques 26 000 cas ont été enregistrés et seulement 85 décès ont été imputés au Covid-19.

En début de semaine, l'Autriche avait elle cessé d'administrer un lot de ces vaccins après le décès d'une infirmière de 49 ans suite à de «graves troubles de la coagulation» quelques jours après avoir été vaccinée. Quatre autres pays européens, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie et le Luxembourg, ont suspendu dans la foulée de la Norvège, du Danemark et de l'Autriche les vaccinations avec des doses provenant de ce lot, livré dans 17 pays et qui comprenait un million de vaccins.

Il n'y a «pas lieu de suspendre» la vaccination avec AstraZeneca en France, estime Véran

La suspension décidée par le Danemark, l'Islande et la Norvège porte en revanche sur l'ensemble des vaccins AstraZeneca contre le Covid. Dans la foulée, Londres a défendu ce vaccin développé par un laboratoire britannique et l'université d'Oxford, le jugeant «sûr» et «efficace» et assurant qu'il resterait utilisé au Royaume-Uni. «Nous avons été clairs sur le fait que [le vaccin] est à la fois sûr et efficace», a déclaré un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson à la presse, ajoutant : «Lorsque les gens sont invités à se présenter pour le recevoir, ils doivent le faire en toute confiance.»

Le même jour dans un communiqué transmis à l'AFP, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a de son côté souligné : «Les informations disponibles à ce jour indiquent que le nombre de thromboembolies chez les personnes vaccinées n'est pas supérieur à celui observé sur l'ensemble de la population.» La veille, l'EMA avait affirmé au terme d'une enquête préliminaire qu'il n'existait aucun lien entre le vaccin d'AstraZeneca et le décès survenu en Autriche. L'agence européenne ajoutait qu'en date du 9 mars, seulement 22 cas de thromboses avaient été signalés pour plus de trois millions de personnes vaccinées dans l'espace économique européen. Olivier Véran, lors de sa traditionnelle conférence de presse hebdomadaire a lui aussi tenté de rassurer et a estimé qu'il n'y avait «pas lieu de suspendre» la vaccination avec AstraZeneca en France après les annonces de la Norvège et du Danemark.

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram
En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»