Malgré la pénurie, l'Ukraine décide d'interdire le vaccin russe Spoutnik V

Malgré la pénurie, l'Ukraine décide d'interdire le vaccin russe Spoutnik V Source: Reuters
Le président ukrainien, Volodymyr Zelenskiy, présent à l'occasion d'une séance parlementaire d'urgence le 30 mars 2020 (image d'illustration).

En pleine pénurie faute de livraisons, l'Ukraine a choisi de se priver du Spoutnik V en dépit de son efficacité démontrée. Dans le même temps, la Commission européenne appelle les pays du Vieux continent à «donner une partie» de leurs vaccins à Kiev.

Le 10 février dans la soirée, le gouvernement ukrainien a publié une résolution qui interdit toute homologation de vaccins contre le Covid-19 développés ou produits en Russie. «L’homologation de vaccins développés ou produits dans le pays agresseur […] est interdite», précise la résolution du gouvernement, citée par l'AFP.

L'Ukraine a officiellement déclaré la Russie comme «pays agresseur» après le rattachement de la Crimée à la Russie en 2014 suite à un référendum d’autodétermination organisé dans la péninsule et dont les résultats ont montré qu’une grande majorité des habitants souhaitaient rester dans le giron russe.

Bruxelles appelle à «donner» des vaccins à Kiev

En Europe, l’Ukraine est l’un des derniers pays à ne pas avoir entamé officiellement sa campagne de vaccination malgré une population de 42 millions d’habitants, la contamination d'au moins 1,2 million de personnes et plus de 23 000 décès imputés au coronavirus. La vaccination a toutefois débuté dans la république autoproclamée de Donetsk, aux mains de rebelles pro-russes, selon l'agence de presse Tass.

La décision des autorités apparaît particulièrement politique, alors que l'efficacité du vaccin russe a récemment été démontrée par une étude parue dans The Lancet. La revue scientifique britannique a en effet publié le 2 février des résultats démontrant une efficacité à 91,6% contre les formes symptomatiques du Covid-19.

Pour l’heure, l'Ukraine ne dispose toujours pas de vaccins et compte notamment sur l'aide de l’Union européenne. Le 8 février, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen avait notamment appelé les pays membres de l’Union européenne à «donner une partie» de leurs vaccins à l'Ukraine qui s'était plainte de ne pas avoir accès aux injections. 

En plus de négociations engagées avec la Pologne, l'Ukraine attend ces prochaines semaines la livraison du premier lot de vaccins dans le cadre du programme onusien Covax qui doit au total lui fournir 8 millions de doses. Le pays a aussi dit vouloir acheter de 1,9 à 5 millions de doses du vaccin chinois Sinovac, si son efficacité atteint au moins 70%. Kiev table par ailleurs sur 12 millions de doses de vaccins développés par les groupes britannique AstraZeneca et américain Novavax et fabriqués par l'indien Serum Institute. 

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