Le directeur de l'OMS visé par une plainte pour complicité de crime contre l'humanité

Le directeur de l'OMS visé par une plainte pour complicité de crime contre l'humanité© Fabrice COFFRINI Source: Reuters
Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse à Genève, le 3 juillet 2020 (image d'illustration)

Un ancien candidat américain au prix Nobel de la paix a déposé auprès de la Cour pénale internationale une plainte contre le chef de l'OMS, accusé d'avoir supervisé «le meurtre et la torture» d'Ethiopiens quand il était ministre.

L'actuel directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, «a été un décideur crucial en ce qui concerne les actions des services de sécurité qui comprenaient le meurtre, la détention arbitraire et la torture d'Ethiopiens», selon une plainte déposée le 1er décembre 2020 auprès de la Cour pénale internationale (CPI) par le journaliste et économiste américain David Steinman. 

Ce dernier, nommé pour le prix Nobel de la paix en 2019, allègue que Tedros Adhanom Ghebreyesus a joué un rôle dans les crimes commis par diverses forces de sécurité éthiopiennes. Avant de prendre ses fonctions à l'OMS en 2017, Tedros Adhanom Ghebreyesus a été ministre de la Santé (entre 2005 et 2012), puis ministre des Affaires étrangères (entre 2012 à 2016) de la république démocratique fédérale d'Éthiopie. C'est pendant cette période qu'il aurait exercé un contrôle partiel sur l'appareil répressif de ce pays de 108 millions d'habitants, selon David Steinman.

«En tant que haut responsable [du Front de libération du peuple du Tigré], Tedros était l'un des rares fonctionnaires éthiopiens à exercer un contrôle sur les forces de sécurité», déclare dans sa plainte l'homme qui fut consultant auprès du Conseil national de sécurité des Etats-Unis et conseiller pendant 27 ans auprès de la coalition actuellement au pouvoir en Ethiopie, selon The Australian

David Steinman poursuit en expliquant que «les tactiques injustes du gouvernement, notamment l'intimidation, l'arrestation arbitraire, la détention sans inculpation» et les diverses violations des droits de l'homme ne peuvent en aucun cas laisser aux fonctionnaires de l'époque, dont Tedros Adhanom Ghebreyesus, «le bénéfice du doute».

Tedros Adhanom Ghebreyesus jamais cité, mais forcément impliqué ? 

Pour ce qui est des preuves, David Steinman fait référence à des rapports des ONG Amnesty international et Human rights watch, ainsi que d'institutions occidentales telles que l'Université de Birmingham. Il s'appuie également sur un rapport de 2016 du département d'Etat américain sur les droits de l'homme en Ethiopie, selon lequel «les autorités civiles n'ont parfois pas gardé le contrôle des forces de sécurité, et la police locale dans les zones rurales et les milices locales ont parfois agi de manière indépendante», comme le rapporte le quotidien australien. Aucun de ces rapports ne cite toutefois nommément Tedros Adhanom Ghebreyesus, ni aucun autre fonctionnaire du gouvernement éthiopien.

David Steinman accuse cependant le directeur général de l'OMS de complicité dans les crimes commis par ceux qu'il appelle ses «subordonnés». Tedros Adhanom Ghebreyesus aurait ainsi, toujours selon l'accusateur, supervisé «le meurtre et les atteintes graves à l'intégrité physique et mentale de membres des tribus Amhara, Konso, Oromo et somalienne dans l'intention de détruire ces tribus en tout ou en partie».

Les procureurs de la CPI doivent maintenant décider s'il faut donner suite à la plainte, auquel cas il s'agirait de la première fois qu'un fonctionnaire des Nations unies serait jugé dans cette enceinte. Tedros Adhanom Ghebreyesus est couvert par l'immunité diplomatique, mais la CPI – qui est indépendante de l'ONU – a déjà poursuivi des chefs d'Etat accusés de crimes contre l'humanité.

En 2017, alors qu'il était candidat au poste de directeur général de l'OMS, l'un des concurrents de Tedros Adhanom Ghebreyesus l'a accusé de couvrir les épidémies de choléra en Ethiopie afin de ne pas nuire à l'image du gouvernement. En 2020, des accusations ont par ailleurs été formulées par certains responsables américains qui ont soupçonné l'OMS de ne pas être assez transparente sur la pandémie de Covid-19.

En novembre dernier, le général éthiopien Birhanu Jula a accusé le chef de l'OMS de soutenir les rebelles dirigés par le Front de libération du peuple du Tigré en les «aidant à se procurer des armes», alors que la nation plongeait à nouveau dans un conflit civil

Tedros Adhanom Ghebreyesus a nié à plusieurs reprises toutes les accusations et a notamment déclaré qu'il ne choisissait pas de camp dans le conflit éthiopien en cours. Il n'a pour l'heure pas commenté la plainte déposée par David Steinman.

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