Bolivie : Luis Arce estime que l'économie du pays mettra deux ans à se remettre de l'année Añez

Bolivie : Luis Arce estime que l'économie du pays mettra deux ans à se remettre de l'année Añez© Ueslei Marcelino Source: Reuters
Luis Arce, candidat à la présidence du parti Mouvement pour le socialisme (MAS), à La Paz (Bolivie), le 18 octobre 2020 (image d'illustration).

Le nouveau président de la Bolivie, et ancien ministre de l'Economie, a dressé un sombre bilan de l'année de transition : déficit, dette, chômage… Il affirme récupérer une économie en chute libre, qui nécessitera deux années de reconstruction.

Dans une interview accordée au quotidien mexicain La Jornada, Luis Arce, fraîchement élu président de la Bolivie a exposé son analyse de l'année de transition de facto qui a suivi le coup d'état électoral dans son pays, après que l'ancien président Evo Morales a été accusé, sans fondement, de fraude fin 2019.

C'était un coup d'Etat sanglant

«C'était un coup d'Etat sanglant, qui a établi un régime qui n'était pas la démocratie. La promotion de Jeanine Añez était inconstitutionnelle. La population est blessée de ne pas avoir pu réagir en temps opportun». Tel est le bilan peu réjouissant que dresse Luis Arce, qui fut ministre de l'Economie sous la mandature d'Evo Morales. Selon lui «il faudra jusqu'à deux ans et demi à son nouveau gouvernement pour se remettre du désastre financier laissé par le régime de facto». Avant et depuis le début de la pandémie, la gestion économique était «mauvaise» sous le gouvernement de transition de Jeanine Añez dont la seule préoccupation était, poursuit-il, «d'empêcher le retour au pouvoir du MAS», son parti.

«Le taux de chômage était de 4% seulement. Maintenant, il dépasse 30%»

Pour étayer son propos, Luis Arce estime, dans cet entretien, que le PIB du pays pour cette gestion 2020 se situe entre moins 8 et moins 11%. D'autre part, le nouveau président rappelle que sous Morales, «le taux de chômage était de 4% seulement. Maintenant, il dépasse 30%». «Un autre élément est le déficit budgétaire. Nous nous attendions à atteindre un déficit de 6%. Mais déjà à ce stade, alors que l'année n'est pas terminée, le déficit budgétaire est de 9%. 50% de plus !» s'alarme l'économiste.

Luis Arce se dit également très préoccupé par la question de la dette : «Nous avions laissé la dette à 25% du PIB. Maintenant, elle dépasse déjà 32%, approchant les 38%.» Le nouveau président s'inquiète enfin de l'augmentation de la dette intérieure de la Banque centrale qui «aurait quadruplé» selon ses estimations, «avec ses risques conséquents sur l'inflation».

Redresser l'économie bolivienne lui paraît donc «une tâche difficile» qui prendra au moins deux ans. «Heureusement, nous avons un plan pour faire avancer le pays», assure néanmoins le nouveau chef d'Etat. «Nous voulons le mettre en œuvre le plus rapidement possible. D'ici un an et demi, nous reviendrons aux chiffres que nous avions avant le coup d'Etat et la pandémie», promet-il.

Notre victoire aux élections appartient au peuple bolivien qui retrouve la démocratie, le processus de changement

En novembre 2019, Luis Arce, ministre de l'Economie du gouvernement d'Evo Morales, s'était réfugié au Mexique. Vainqueur au premier tour des élections du 18 octobre avec plus de 55% des voix, il prendra ses fonctions de président de l'Etat plurinational de Bolivie le 8 novembre. Commentant cette victoire éclatante, il a déclaré : «Notre victoire aux élections appartient au peuple bolivien qui retrouve la démocratie, le processus de changement. Le message est clair : il n'est pas possible, avec un coup d'Etat, de détruire un processus qui a donné la prospérité à un peuple, économiquement et socialement. Les gens, en fin de compte, savent comprendre et sont très justes.»

L'ex-président Evo Morales envisage un retour au pays pour le 9 novembre, après un an d'exil, d'abord au Mexique, puis en Argentine.

Meriem Laribi

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»