«Représailles tout à fait nécessaires» : Pékin sanctionne six médias américains présents en Chine

«Représailles tout à fait nécessaires» : Pékin sanctionne six médias américains présents en Chine© Shannon Stapleton Source: Reuters
Les premières pages des journaux du New York Times et de l'International Herald Tribune sont représentées à New York dans cette photographie d'archive du 29 novembre 2010 (image d'illustration).

En représailles à une mesure similaire instaurée par Washington le 21 octobre, six médias américains présents en Chine doivent fournir dans les sept jours la liste de leurs employés, de leurs biens immobiliers et de leurs opérations financières.

Dans le climat de guerre froide qui s'est installé entre les Etats-Unis et la Chine depuis des mois, les affrontements se jouent également sur les terrains de l'information et de la communication.

Ainsi, si Washington avait modifié le 21 octobre le statut de six médias chinois présents aux Etats-Unis et étendu ses mesures contre des organes accusés de servir la «propagande» chinoise, Pékin a annoncé le 26 octobre des représailles à l'encontre de six médias américains supplémentaires présents sur son territoire.

La chaîne de télévision ABC, le quotidien Los Angeles Times, la station Minnesota Public Radio, le site internet spécialisé Bureau of National Affairs (BNA), le magazine Newsweek ainsi que l'agence Feature Story News devront fournir, dans les sept jours, la liste de leurs employés, de leurs biens immobiliers et de leurs opérations financières en Chine, a déclaré dans un communiqué un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

«[Il s'agit de] représailles tout à fait nécessaires contre la répression déraisonnable [de l'administration américaine] à l'encontre des médias chinois aux Etats-Unis», précise le même document.

«L'hypocrisie de la soi-disantliberté d'expression et de la presse»

Cette décision intervient en effet quelques jours après que Washington a modifié le statut de six médias chinois présents aux Etats-Unis, désormais considérés comme des «missions étrangères».

Depuis le 21 octobre, Yicai Global, Jiefang Daily, Xinmin Evening News, Social Sciences in China Press (SSCP), Beijing Review et Economic Daily doivent ainsi communiquer au département d'Etat des détails sur leur personnel et leurs biens immobiliers sur le territoire américain. Neuf médias chinois plus connus étaient déjà qualifiés de «missions étrangères», dont l'agence de presse officielle Chine Nouvelle et la chaîne de télévision CGTN.

Le secrétaire d'Etat des Etats-Unis Mike Pompeo a toutefois assuré que le travail des journalistes employés par ces médias ne ferait l'objet d'aucune restriction.

Mais Pékin ne voit bien entendu pas la situation de la même manière. Dans son communiqué ce 26 octobre, la diplomatie chinoise estime que la décision américaine concernant les médias chinois «expose à la vue de tous, l'hypocrisie de la soi-disant liberté d'expression et de la presse».

Une longue série d'anicroches

Les passes d'armes entre Washington et Pékin sur le sujet se multiplient depuis des mois. Le gouvernement américain a en effet modifié le 22 juin le statut de quatre médias d'Etat chinois, accusés d'être des «organes de propagande» de Pékin et dont les bureaux aux Etats-Unis sont également considérés comme des «missions diplomatiques étrangères».

Ces organes de presse, dont la télévision publique CCTV et le Global Times devaient eux aussi notifier au département d'Etat américain la liste de leur personnel et de leurs biens immobiliers.

De son côté, la Chine a répliqué le 1er juillet en imposant des mesures similaires contre quatre médias américains présents dans le pays. Les agences Associated Press (AP) et United Press International (UPI), la télévision CBS ainsi que la radio NPR devaient ainsi fournir, dans les sept jours, le détail de leurs employés, de leurs biens immobiliers et de leurs opérations financières en Chine.

Une escalade commencée dès février, alors que les tensions entre les deux puissances montaient en raison de la pandémie de coronavirus. Fin février, trois journalistes du Wall Street Journal avaient d'ailleurs été expulsés de Chine en raison du titre d'une tribune parue dans le quotidien américain, jugé raciste par Pékin.

Dans la foulée, Washington avait fortement réduit le nombre de Chinois autorisés à travailler pour les médias d'Etat de leur pays aux Etats-Unis. Les autorités chinoises avaient de nouveau riposté en expulsant d'autres correspondants américains travaillant pour le Wall Street Journal ainsi que pour deux autres quotidiens : le New York Times et le Washington Post.

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