La Turquie renvoie son navire de recherche sismique en Méditerranée, la Grèce inquiète

- Avec AFP

La Turquie renvoie son navire de recherche sismique en Méditerranée, la Grèce inquiète© Handout / TURKISH DEFENCE MINISTRY Source: AFP
Cette photographie publiée par le ministère turc de la Défense le 12 août 2020 montre le navire de recherche sismique turc Oruc Reis se dirigeant à l'ouest d'Antalya sur la mer Méditerranée (image d'illustration).

Alors que la Turquie et la Grèce se disaient «prêtes pour commencer des pourparlers exploratoires» au sujet de la Méditerranée orientale, Ankara annonce que son navire de recherche a quitté son port turc pour mener de nouvelles recherches de gaz.

La Turquie a renvoyé le 12 octobre son navire d'exploration en Méditerranée orientale pour rechercher du gaz naturel, au risque de raviver une crise avec la Grèce qui a dénoncé une «menace directe à la paix».

Dans une notice d'information maritime (NAVTEX), la marine turque a indiqué que le navire de recherche sismique Oruç Reis avait quitté son port turc dans la matinée et mènera des activités d'exploration jusqu'au 22 octobre.

«Nous allons continuer de chercher [du gaz], de creuser et de défendre nos droits», a déclaré le ministre turc de l'Energie Fatih Dönmez le 12 octobre sur Twitter. «Les travaux de maintenance de l'Oruç Reis sont terminés. Notre navire a pris des [équipements] pour radiographier la Méditerranée», a-t-il ensuite indiqué. S'il y a du gaz naturel, «nous le trouverons», a-t-il ajouté.

L'Oruç Reis, qui est accompagné de deux navires de soutien logistique, doit notamment être déployé au sud de l'île grecque de Kastellorizo, proche des côtes turques.

Athènes et Ankara ont connu un mois de forte tension après le déploiement par la Turquie du 10 août à la mi-septembre de ce bateau sismique, escorté de navires de guerre, pour procéder à des explorations au large de Kastellorizo, dans une zone potentiellement riche en gaz naturel.

D'un côté, la Grèce revendique sa souveraineté sur les eaux entourant Kastellorizo. De l'autre, la Turquie conteste cette domination, soutenant qu'elle devrait avoir des droits plus étendus en Méditerranée orientale en raison de son littoral plus long.

En écho aux échanges tendus quasi-quotidiens le mois dernier, le ministère grec des Affaires étrangères a condamné le 12 octobre la décision turque de déployer à nouveau l'Oruç Reis, la qualifiant de «menace directe à la paix et à la sécurité dans la région». Dans un communiqué, ce même ministère a accusé la Turquie de ne pas être fiable et de ne pas désirer sincèrement le dialogue.

Les espoirs de désescalade des tensions ébranlés

Le nouveau déploiement de l'Oruç Reis sape les espoirs de désescalade qui étaient nés ces dernières semaines.

Les tensions avaient débuté après le déploiement de ce même navire le 10 août. Ankara avait prolongé plusieurs fois sa mission, ignorant les appels répétés de l'Union européenne et d'Athènes visant à la faire cesser.

L'Oruç Reis avait toutefois regagné les côtes turques le mois dernier, alors qu'il se trouvait dans des eaux revendiquées par la Grèce, dans ce que beaucoup espéraient être un signe d'apaisement d'Ankara pour résoudre cette crise.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait alors affirmé que ce retrait visait à laisser une chance à la diplomatie.

Cependant, les dirigeants turcs avaient aussi déclaré que le navire allait simplement effectuer une maintenance prévue, et qu'il retournerait en Méditerranée orientale pour poursuivre son travail.

Berlin poursuit sa médiation entre Athènes et Ankara

L'espoir était toutefois réapparu lorsqu'Ankara et Athènes s'étaient mis d'accord pour mener des négociations le mois dernier, notamment à la suite d'efforts diplomatiques menés par l'Allemagne pour désamorcer cette crise.

Les échanges du plus haut niveau depuis le début des tensions ont eu lieu la semaine dernière lorsque les ministres des Affaires étrangères turc et grec se sont rencontrés en marge d'un forum sur la sécurité à Bratislava, en Slovaquie.

Lors d'un sommet plus tôt dans le mois, l'Union européenne (UE) avait menacé Ankara de sanctions si la Turquie ne mettait pas un terme aux activités d'explorations énergétiques dans des eaux revendiquées par Chypre et la Grèce.

La Turquie avait décrit la menace comme «non-constructive» et sa dernière décision risque d'alimenter les tensions entre Ankara et Bruxelles.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas doit se rendre à Ankara le 14 octobre, selon la télévision publique turque TRT, pour une rencontre au cours de laquelle la question de la Méditerranée orientale occupera une place centrale.

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