Sanctions américaines : le Venezuela demande à l'ONU de «protéger les peuples» face à l'impérialisme

Sanctions américaines : le Venezuela demande à l'ONU de «protéger les peuples» face à l'impérialisme© Venezuelan Presidency Source: AFP
Document photo publié par la présidence vénézuélienne montrant le président vénézuélien Nicolas Maduro s'exprimant depuis le palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 21 septembre 2020 (image d'illustration).

Nicolas Maduro a vivement critiqué les sanctions annoncées par les Etats-Unis contre l'Iran et son propre pays, à l'occasion du 75e anniversaire de l'ONU. Le même jour, Donald Trump a accru unilatéralement la pression sur l'Iran et le Venezuela.

A l'occasion d'un sommet virtuel, le 21 septembre, célébrant le 75e anniversaire de l'Organisation des Nations unies (ONU), le président vénézuélien Nicolas Maduro et son ministre des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, ont lourdement critiqué les Etats-Unis, appelant d'abord le monde à lutter contre «l'hégémonie» américaine et à «l'emporter contre les idées impérialistes», avant de dénoncer les sanctions américaines envers son pays et l'Iran.

Le Venezuela défend un monde multipolaire, un système des Nations unies renouvelé, un système qui sache faire exécuter le droit international et protéger les peuples du monde

«Le Venezuela défend un monde multipolaire, un système des Nations unies renouvelé, un système qui sache faire exécuter le droit international et protéger les peuples du monde», a déclaré le chef d'Etat vénézuélien.

«Ce n'est pas le moment d'insulter, de menacer l'OMS [Organisation mondiale de la santé], il est l'heure aujourd'hui de s'unir en sa faveur», a-t-il plaidé, en critiquant les attaques, sans les nommer, des Etats-Unis, contre l'organisation dans sa gestion de la pandémie de Covid-19.

«Le monde a su vaincre le fascisme il y a 75 ans. Le monde gagnera aussi contre ceux qui cherchent à l'emporter à titre hégémonique, contre les idées impérialistes, il pourra vaincre le néo-fascisme [...] pour la construction d'un monde nouveau sans pouvoir hégémonique, un monde appartenant au peuple», a ensuite martelé Nicolas Maduro.

Les Etats-Unis n'ont «aucun respect» pour l'ONU, selon Caracas

«Le Venezuela dénonce la nouvelle agression américaine envers la communauté internationale, annonçant des sanctions unilatérales présumées contre le président Nicolas Maduro, dans le cadre d'une campagne d'agression contre la République islamique d'Iran et notre pays», a pour sa part écrit le 21 septembre le ministre Jorge Arreaza dans un tweet relayant un communiqué.

Dans ce même document, Caracas accuse les Etats-Unis de n'avoir «aucun respect» pour l'ONU et souligne que les nouvelles sanctions ont été imposées «sans aucun fondement» en droit international. Les autorités vénézuéliennes ont également promis qu'«aucune action intimidante et arrogante du gouvernement américain» ne dissuaderait leur pays de nouer des relations amicales avec l'Iran.

Le comportement irresponsable des Etats-Unis est le danger le plus important pour la paix et la sécurité internationales

Intervenant à cette même occasion, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez Parrilla, a lui aussi vivement critiqué les Etats-Unis, sur une ligne similaire à celle de Caracas.

«En cet anniversaire des 75 ans de l'ONU, le multilatéralisme et le droit international sont menacés par la plus grande puissance mondiale. Le comportement irresponsable des Etats-Unis est le danger le plus important pour la paix et la sécurité internationales», a-t-il alors déclaré.

«Il semble que [les Etats-Unis] soient en guerre avec la planète [...] et ses habitants», a-t-il ensuite estimé, avant de critiquer le «blocus économique, commercial et financier» imposé par Washington à son pays. 

Washington renforce la pression sur l'Iran et le Venezuela

Les Etats-Unis ont imposé le 21 septembre des sanctions unilatérales, contestées notamment par l'ONU, pour renforcer la pression sur l'Iran au moment même où les Nations unies célèbrent le multilatéralisme.

Nouveau décret présidentiel à l'appui, Donald Trump a annoncé des mesures punitives contre 27 personnes ou entités, officiellement au nom du respect des sanctions de l'ONU contre Téhéran prévues en cas de violation de l'accord sur le nucléaire iranien – dont les Etats-Unis se sont pourtant retirés unilatéralement en 2018.

«Mon gouvernement utilisera tous les moyens à sa disposition pour bloquer les ambitions iraniennes en matière d'armes nucléaires, balistiques et conventionnelles», a prévenu le président américain.

«Ce qu'a dit Donald Trump est que nous allons bloquer les ressources [de l'Iran]. Nous n'allons pas envoyer de caisses d'argent. Nous n'allons pas leur permettre de faire des affaires dans le monde. Nous n'allons pas leur permettre de créer des richesses qui sont utilisées pour anéantir les chances de paix», a déclaré le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo.

Parmi les mesures, des sanctions visant le ministère iranien de la Défense, l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, et même le président vénézuélien Nicolas Maduro, accusé d'aider l'Iran à «contourner l'embargo de l'ONU sur les armes», ont été annoncées.

La plupart de ces entités et personnes étaient en fait déjà sur d'autres listes noires américaines.

Mais ces annonces symboliques marquent une nouvelle escalade de la part de l'administration Trump à quelques semaines des élections présidentielles américaines.

Washington annonce le «retour» des sanctions contre l'Iran

Les Etats-Unis ont en effet affirmé dans la nuit du 19 au 20 septembre que «toutes les sanctions de l'ONU contre la République islamique d'Iran» étaient de «retour», à la suite d'une procédure contestée qu'ils ont eux-mêmes déclenchée.

Ces sanctions avaient été levées en vertu de l'accord international conclu en 2015, lorsque Téhéran s'est engagé à ne pas se doter de l'arme nucléaire.

Or Donald Trump, jugeant insuffisant ce texte négocié par son prédécesseur Barack Obama, en a retiré son pays avec fracas en 2018, qui a dans la foulée rétabli voire durci ses propres sanctions.

A présent, par une pirouette juridique controversée, les Etats-Unis invoquent leur statut de pays «participant» à cet accord pour rétablir les sanctions, ce que contestent la quasi-totalité des autres membres du Conseil de sécurité de l'ONU.

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