«Nous ne disons pas qu'Assad doit partir», déclare le représentant des Etats-Unis pour la Syrie

«Nous ne disons pas qu'Assad doit partir», déclare le représentant des Etats-Unis pour la Syrie© NICHOLAS KAMM / AFP
James Jeffrey le 23 octobre 2019 à Washington.

Le représentant spécial des Etats-Unis pour la Syrie James Jeffrey a déclaré lors d'une téléconférence que le départ de Bachar el-Assad du pouvoir en Syrie n'était pas un préalable à la résolution de la crise syrienne.

«Nous ne demandons pas la victoire totale. Nous ne disons pas qu'Assad doit partir». C'est par ces mots, au détour d'une téléconférence accordée au think tank Middle East Institute basé à Washington, que le représentant spécial des Etats-Unis pour la Syrie James Jeffrey a présenté ce qui pourrait être la nouvelle position des Etats-Unis par rapport au gouvernement syrien. 

Selon le diplomate, les Etats-Unis vont désormais maintenir leur pression sur les autorités syriennes pour que Bachar el-Assad, ou «quelle que soit la personne à la tête de ce gouvernement», modifie son «comportement» envers le peuple syrien. 

Nous ne demandons pas la victoire totale. Nous ne disons pas qu'Assad doit partir

Dans le même passage, le dignitaire a précisé que les Etats-Unis ne demandaient pas non plus le départ de l'armée russe du pays : «Nous préférerions que les Russes ne soient pas là», a-t-il déclaré, précisant que la politique de son pays en Syrie n'avait pas pour objectif de les «mettre dehors».

L'envoyé américain a précisé qu'il n'était pas dans l'intérêt des Etats-Unis de laisser Bachar el-Assad, «produit» de l'Iran et de la Russie, apparaître comme un «modèle» attractif pour les autres pays. 

Nouvelles sanctions 

Ces déclarations interviennent alors que les Etats-Unis ont placé le 17 juin 39 personnes et entités sous sanctions dans le cadre de la «loi César», dans l'espoir de priver de ressources le président Bachar el-Assad et ses soutiens.

Cette loi, qui s'ajoute aux autres mesures imposées par Washington à la Syrie, a été promulguée en décembre par le président des Etats-Unis Donald Trump. «César» renvoie au pseudonyme utilisé par un photographe de la police militaire syrienne qui a fait défection en 2013 en emportant 55 000 images d'abus et brutalités dans les prisons syriennes. Son audition devant le Congrès américain en 2014 avait été à l'origine de ce texte qui porte son nom et qui aura mis cinq ans à voir le jour.

Asma el-Assad, l'épouse du président syrien, est notamment visée pour la première fois par cette batterie de sanctions, qui prévoit aussi le gel de l'aide à la reconstruction du pays. 

«Quiconque fera affaire avec le régime Assad, et où qu'il se trouve dans le monde, s'expose à des restrictions de voyage et à des sanctions financières», avait déclaré le Secrétaire d'Etat Mike Pompeo, promettant d'autres sanctions à cette occasion tant qu'une «solution politique» sous l'égide de l'ONU, ne sera pas adoptée par le gouvernement syrien. 

James Jeffrey avait déjà expliqué à des journalistes à cette occasion que la stratégie de Washington ne visait pas «une chute du régime», mais à «faire comprendre aux dirigeants syriens ainsi qu'à la Russie et à l'Iran» qu'«il est temps de commencer à coopérer avec la communauté internationale». Le diplomate avait par ailleurs salué des «signaux, certes modestes», montrant selon lui que les Russes «commencent à avoir des doutes au sujet de leur partenariat avec Assad» et seraient «plus disposés» à coopérer avec les Etats-Unis et les Européens.

De son côté la diplomatie syrienne a condamné la «loi César», qu'elle estime reposer sur des «mensonges et des allégations» et venir s'ajouter aux souffrances déjà endurées par la population. Elle pense en outre ces sanctions vouées à l'échec par les «efforts concertés» des Syriens «pour protéger l'économie nationale». 

«S'ils [les Etats-Unis] rêvent que la Syrie et son peuple se soumettront à leurs conditions, alors je dirais "qu'ils continuent de rêver car cela n'arrivera jamais"», a affirmé le ministre des Affaires étrangères syrien Walid Mouallem lors d'une conférence de presse à Damas le 23 juin. 

La Russie n’abandonnera pas la Syrie

Même condamnation côté russe, par le biais de son ambassadeur à Damas Alexandre Efimov, qui a estimé le 12 juin que ces «efforts stériles échoueront, de même que les tentatives d'imposer une volonté extérieure au peuple syrien par la force des armes a déjà échoué». «La Russie n’abandonnera pas la Syrie», avait-il par ailleurs assuré. 

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