L'oncle de Bachar el-Assad condamné en France à 4 ans de prison pour détournement de fonds

- Avec AFP

L'oncle de Bachar el-Assad condamné en France à 4 ans de prison pour détournement de fonds© Arab News Network Source: AFP
Photo d'archive prise le 12 juin 2000, montrant Rifaat al-Assad (image d'illustration).

A la tête d'un empire immobilier en Europe évalué à 800 millions d'euros, Rifaat el-Assad a été condamné à quatre ans de prison. Il aurait ainsi bâti son empire en détournant des fonds publics syriens. Son patrimoine français est confisqué.

Rifaat el-Assad, l'oncle du dirigeant syrien Bachar el-Assad, a été condamné le 17 juin à Paris à quatre ans de prison pour s'être bâti frauduleusement dans l'Hexagone un vaste patrimoine immobilier estimé à 90 millions d'euros, dont le tribunal a prononcé la confiscation.

Rifaat el-Assad, à la tête d'un empire immobilier en Europe

Dans cette affaire de «biens mal acquis», Rifaat el-Assad, 82 ans, absent du procès pour «raisons médicales» mais représenté par ses avocats, a notamment été reconnu coupable de blanchiment en bande organisée de détournement de fonds publics syriens, entre 1996 et 2016. Il a en revanche été relaxé sur des faits couvrant la période 1984-1996, pour des questions juridiques.

Parmi les biens confisqués par la justice en France figurent deux hôtels particuliers dans des beaux quartiers parisiens, une quarantaine d'appartements, un château, des haras dans le Val-d'Oise... Une propriété a également été saisie à Londres.

Rifaat el-Assad, résident britannique qui se présente aujourd'hui comme un opposant à son neveu Bachar el-Assad, président de la Syrie, a également été condamné pour blanchiment de fraude fiscale aggravée ainsi que pour le travail dissimulé d'employés de maison.

Dénonçant une décision «qui ne s'appuie sur aucun élément objectif», ses avocats ont affirmé qu'ils allaient «immédiatement interjeter appel».

Aux yeux du tribunal, qui a pointé des faits «d'une exceptionnelle gravité» nonobstant l'âge de l'inculpé, «des éléments concordants accréditent l'existence de détournements de fonds publics aux dépens de l'Etat syrien et au profit exclusif de Rifaat el-Assad».

Dans une déclaration transmise à la presse, ses avocats ont réaffirmé qu'il «n'y [avait] pas au dossier un centime de fonds provenant de Syrie» et que «tous les flux identifiés ont une origine licite».

Rifaat el-Assad, en exil depuis 1984

Ancien pilier du gouvernement syrien sous la présidence de son frère Hafez el-Assad, Rifaat el-Assad fut le chef des forces d'élite de la sécurité intérieure, les Brigades de défense, qui avaient notamment réprimé dans le sang une insurrection islamiste en 1982.

Contraint à l'exil en 1984 après un coup d'Etat manqué contre Hafez el-Assad, il s'était installé en Suisse puis en France avec sa famille et 200 fidèles.

Lui qui n'avait aucune fortune familiale en Syrie avait alors bâti un empire immobilier évalué aujourd'hui à 800 millions d'euros, principalement en Espagne mais aussi en France et en Grande-Bretagne, qui a tardivement éveillé les soupçons.

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