Un contrat d’armement passé en 1991 entre la France et Taiwan sème le trouble entre Paris et Pékin

Un contrat d’armement passé en 1991 entre la France et Taiwan sème le trouble entre Paris et Pékin© Ludovic Marin Source: AFP
Jean-Yves Le Drian, Elisabeth Borne et Bruno Le Maire, reçus par le président chinois Xi Jinping, le 6 novembre 2019, à Pékin (image d’illustration).

Jean-Yves Le Drian a répondu à son homologue chinois, qui a accusé Paris d'avoir signé un contrat avec Taïwan afin de moderniser des frégates achetées à la France en 1991. Le montant de la nouvelle transaction dépasserait les 24 millions d’euros.

La guerre des mots continue entre la France et la Chine. Après les déclarations d’Emmanuel Macron en avril dernier, qui avait émis des doutes sur la gestion du coronavirus par le géant asiatique, une nouvelle affaire vient ternir les relations diplomatiques des deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Le nœud du problème ? Un contrat d’armement passé en 1991 entre la France et Taïwan, île située à la rencontre des mers de Chine méridionale et orientale et revendiquée par la République populaire.

Nous exhortons la France […] à annuler son projet de vente d'armes à Taïwan, afin d'éviter de nuire aux relations sino-françaises

Le 12 mai, Pékin a «exprimé sa vive inquiétude à la France», dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères transmis à l’AFP. «Nous sommes opposés à toute vente d'armes ou échange militaire ou sécuritaire avec la région de Taïwan […] Nous exhortons la France […] à annuler son projet de vente d'armes à Taïwan, afin d'éviter de nuire aux relations sino-françaises», est-il souligné dans le document.

Un coup de semonce qui a provoqué la réaction de Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères. «Face à la crise du Covid-19, toute notre attention et tous nos efforts doivent être focalisés sur la lutte contre la pandémie […] La France respecte strictement dans ce contexte les engagements contractuels qu'elle a formés avec Taiwan et n’a en rien changé sa position depuis 1994», a-t-il sobrement fait savoir, toujours repris par l’agence de presse.

Il y a bientôt 30 ans, en 1991, la France signait un contrat de 2,8 milliards de dollars pour la livraison de six frégates à Taïwan, qui dispose de son propre gouvernement, provoquant des dégâts dans les relations entre la Chine et la France. En avril 2020, dans un communiqué, la marine taïwanaise a annoncé qu’elle allait lancer des travaux de modernisations de ses frégates Lafayette.

Une opération à laquelle pourrait participer la France, selon le ministère chinois des Affaires étrangères. Une source proche du dossier à l’AFP confirme qu’un contrat a bien été passé par le ministère taïwanais de la Défense pour la mise à niveau du système de lanceur de leurres Dagaie, conçu pour éviter les missiles adverses.

Selon les médias taïwanais, la transaction s’élèverait à 800 millions de nouveaux dollars taïwanais, soit environ 24,67 millions d’euros.

Ce nouvel accroc dans les relations franco-chinoises intervient également après la convocation le 14 avril dernier par Jean-Yves Le Drian de l'ambassadeur de Chine en France, Lu Shaye, après des propos controversés sur la réponse apportée en Occident face au coronavirus.

Pendant de nombreuses années, le gouvernement indépendant de Taïwan a été considéré comme le représentant officiel de la Chine, jusqu'à ce que les Nations unies basculent vers Pékin en 1971. D'autres pays et organismes internationaux lui ont emboîté le pas. L'île n'est plus reconnue comme «République de Chine» que par 15 Etats dans le monde, pour la plupart des nations d'Amérique latine et du Pacifique. Le Vatican reste le dernier en Europe.

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