La Russie aide-t-elle l'Italie pour soigner son image ? Sergueï Lavrov répond à Josep Borrell

La Russie aide-t-elle l'Italie pour soigner son image ? Sergueï Lavrov répond à Josep Borrell Source: Sputnik
Serguei Lavrov lors de sa visioconférence avec les journalistes, le 14 avril 2020

Lors d'une visioconférence, le ministre russe des Affaires étrangères a répondu aux questions des journalistes. Il a exprimé son embarras concernant les critiques de l’aide humanitaire russe et la responsabilité chinoise dans la propagation du virus.

Lors de sa visioconférence, le 14 avril, le chef de la diplomatie russe a répondu aux accusations portées contre la Russie selon lesquelles cette dernière aurait aidé certains pays d’Europe et notamment l'Italie dans la lutte contre le coronavirus pour satisfaire ses intérêts propres et renforcer sa position géopolitique.

«Il existe plusieurs proverbes. Par exemple, que chacun comprend les choses dans la mesure de sa propre dépravation. Ou, si vous voulez, en fonction de ses bonnes manières. Chacun parle de ses propres maux lorsqu’il s'agit de l'utilisation de questions purement humanitaires dans l'intérêt d'une confrontation géopolitique. Il est triste que Josep Borrell ait dit ce que vous avez cité. Il est triste qu'il y ait des gens qui essaient de faire passer une mouche pour un éléphant, et de faire passer tout ce qui se fait, disons, en Italie, presque pour une invasion militaire du territoire de l'OTAN et de l'UE », a annoncé Sergueï Lavrov. 

En effet, fin mars Josep Borrell, le haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, a déclaré que la Russie et la Chine aidaient l'Italie dans le but de renforcer leur position géopolitique dans le monde.

La Russie a dépêché vers l'Italie neuf avions militaires qui ont atterri près de Rome avec une centaine de médecins et du matériel médical à leur bord. Comme l'a rappelé Sergueï Lavrov, la décision de porter assistance à l'Italie a été prise à la suite de la «demande directe» du Premier ministre italien Giuseppe Conte. L'opération d'aide a été convenue après une conversation téléphonique entre Vladimir Poutine et Giuseppe Conte, le soir du 21 mars. Au cours de cet échange, le président russe a souligné la volonté de son pays de fournir à l'Italie l'assistance nécessaire demandée. 

Cependant, dans des articles publiés par le journal italien La Stampa la Russie a été accusée d'avoir apporté une aide inadaptée qui servait essentiellement la communication politique du Kremlin ou ses opérations d’espionnage. Pourtant les modalités de l'aide ont été validées par les ministres de la Défense des deux pays, Sergueï Choïgou et Lorenzo Guerini. Quant au caractère « militaire » de l’opération, d'un côté la mobilisation des spécialistes militaires est toujours plus rapide, de l'autre la désinfection des grandes espaces est une des spécialités des médecins militaires russes, rapporte le site lecourrierderussie.com. 

Faire porter la responsabilité de l'épidémie à la Chine ?

Le ministre des affaires étrangères russe a également déploré les accusations formulées contre la Chine selon lesquelles elle serait responsable de la pandémie mondiale du COVID-19 et devrait ainsi indemniser les autres pays.

J'en ai les cheveux qui se dressent sur la tête quand j'entends des choses pareilles

«C'est [également] regrettable, car nos amis chinois, qui ont passé le pic de l'épidémie dans leur pays et qui sont en train de ramener l'économie à la normale, ne se referment pas sur eux-mêmes. Ils essaient par tous les moyens d’aider les autres pays, à partager leur expérience acquise dans la lutte contre ce mal en Chine. Lorsque nous entendons des propos selon lesquels la Chine devra rembourser le monde entier pour le fait que l'infection a apparu et que quelqu'un n’aurait pas informé quelqu'un d’autre à temps, cela dépasse toutes les limites et toute décence. J'ai entendu dire qu'à Londres, quelqu'un estimait que la Chine devait 3 700 milliards de dollars ou d'euros à l'Union européenne pour les dégâts causés par cette pandémie. Et quelqu'un d’autre préconise même l’arrestation des biens chinois à l'étranger si la Chine ne paie pas cette compensation. J'en ai les cheveux qui se dressent sur la tête quand j'entends des choses pareilles. Mais cela veut dire que quelqu'un énonce cela publiquement, sérieusement, ce sont des personnes haut placées. Je pense que c'est absolument inacceptable et qu'il ne faut pas juger les autres à l'aune de ses propres défauts car nous entendons ce genre de raisonnement principalement de la part de nos collègues occidentaux», a déclaré Serguei Lavrov.

Le ministre russe fait ainsi référence à l’enquête intitulée Coronavirus Compensation: Assessing China's potential culpability and avenues of legal response [Compensation pour le coronavirus : évaluation de la culpabilité potentielle de la Chine et voies de réponse juridique] qui a été publiée le 5 avril par Henry Jackson Society, groupe de réflexion sur la politique étrangère britannique. Selon cette étude, la Chine aurait pu atténuer l'impact économique mondial du COVID-19. Ses auteurs affirment qu'il existe des preuves que le gouvernement chinois a violé ses responsabilités internationales en matière de santé. Henry Jackson Society estime que la propagation du coronavirus, qui a infecté plus d'un million de personnes dans le monde, a coûté aux pays du G7, dont le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon, la somme de 3 200 milliards de livres sterling. Les auteurs de cette enquête accusent également la Chine de vouloir dissimuler sa responsabilité en mettant en place une « campagne de désinformation avancée et sophistiquée ».

L'Organisation mondiale de la santé a officiellement déclaré le 11 mars une pandémie du coronavirus COVID-19. Selon ses dernières estimations, plus d'1,7 million de cas d'infection ont été enregistrés dans le monde, et plus de 110 000 personnes sont décédées.

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