Les Israéliens autorisés à se rendre en Arabie Saoudite pour des séjours religieux ou d'affaires

Les Israéliens autorisés à se rendre en Arabie Saoudite pour des séjours religieux ou d'affaires© Umit Bektas Source: Reuters
Vue aérienne de la Kaaba, le lieu le plus sacré de l'islam, dans la ville saoudienne de La Mecque (image d'illustration).

Depuis le 26 janvier, un décret ministériel autorise les ressortissants israéliens à se rendre en Arabie Saoudite dans le cadre de voyages religieux ou d’affaires. Un signe du discret rapprochement entre Israël et l'Arabie saoudite ?

Israël approuve désormais officiellement les voyages de ses ressortissants de confession juive ou musulmane vers l’Arabie Saoudite. Selon RFI, les Israéliens qui se rendaient jusqu'à présent dans le royaume ainsi que dans certains autres pays de la région étaient exposés à une peine pouvant aller jusqu'à quatre ans de prison. Rarement appliquée, la mesure n’est désormais plus en vigueur après la signature le 26 janvier d’un nouveau décret par le ministre israélien de l’Intérieur, Aryeh Decri.

Selon le communiqué du ministère israélien de l’Intérieur, cette décision débouchera sur la délivrance de permis de sortie vers l’Arabie Saoudite «à des fins religieuses pendant le hajj et la omra», désignant les deux pèlerinages effectués par les musulmans. Cette même source précise en outre que les Israéliens souhaitant se rendre dans ce pays «pour participer à des réunions d'affaires ou chercher des investissements» seront autorisés à le faire pendant une période d’une durée maximum de 90 jours. Ils devront néanmoins recevoir au préalable une invitation émanant d’un corps gouvernemental.  

Enième signe de rapprochement entre Tel-Aviv et Riyad

Si les autorités saoudiennes n’ont pas encore réagi à l’annonce des autorités israéliennes, cette nouvelle décision s’inscrit dans un contexte diplomatique particulier. En effet, depuis plusieurs mois, Israël et l’Arabie Saoudite – qui n’entretiennent officiellement aucune relation diplomatique – ont multiplié les signes de rapprochement.

Alors qu’à l’instar de la majorité des pays arabes, l’Arabie Saoudite ne reconnaît pas Israël, le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane avait créé la surprise en affirmant dans un entretien publié le 2 avril 2018 par la revue américaine The Atlantic, que l’Etat hébreu avait le «droit» à un territoire au même titre que les Palestiniens. Par ailleurs, les deux pays se sont retrouvés alliés de circonstance dans leur opposition commune face à l'Iran qu'ils accusent de déstabiliser la région.

Interrogé par l’AFP sur le décret signé ce 26 janvier, Yoel Guzansky, ancien directeur de la section «pays du Golfe» au Conseil national de sécurité israélien se montre pourtant prudent quant à l'éventualité d'une normalisation rapide des relations entre les deux pays : «Le fait que des Israéliens aillent [en Arabie saoudite] est une chose. Mais une fois que c'est officiel, cela peut embarrasser [les autorités saoudiennes]», notamment vis-à-vis des cercles les plus conservateurs du royaume et de ses adversaires régionaux comme l'Iran ou le Qatar.

En attendant, Israël continue de multiplier les appels du pied envers la puissance pétrolière : ce même 26 janvier, Benjamin Netanyahou a félicité Mohammed Al-Issa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale (LIM), un organisme considéré comme le bras diplomatique saoudien, pour sa présence cette semaine en Pologne à des commémorations du 75e anniversaire de la libération du camp nazi d'Auschwitz.

«C'est un autre signe de changement dans l'attitude des acteurs islamiques et, bien sûr, des Etats arabes envers la Shoah et le peuple juif», a déclaré le Premier ministre israélien avant son départ pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump dans le cadre de l’annonce du très controversé plan de paix américain censé mettre un terme au conflit israélo-palestinien.

Lire aussi : Depuis l'Arabie saoudite et Israël, les Etats-Unis appellent à de nouvelles sanctions contre l'Iran

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