L'Iran affirme que le Boeing ukrainien qui s'est écrasé à Téhéran n'a pas été touché par un missile

L'Iran affirme que le Boeing ukrainien qui s'est écrasé à Téhéran n'a pas été touché par un missile© Akbar Tavakoli Source: AFP
Des équipes de secours sur les lieux du crash d'un avion de ligne ukrainien le 8 janvier 2020, à Téhéran, Iran (image d'illustration).

L'Iran dit pouvoir affirmer avec certitude que le Boeing ukrainien qui s'est écrasé à Téhéran n'a pas été touché par un missile, répondant ainsi aux accusations du Canada et du Royaume-Uni qui ont pointé la veille la responsabilité de Téhéran.

«Une chose est sûre, cet avion n'a pas été touché par un missile», a déclaré ce 10 janvier le président de l'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO), Ali Abedzadeh, lors d'une conférence de presse à Téhéran, à propos du Boeing 737 ukrainien qui s'est écrasé le 8 janvier près de Téhéran, faisant 176 morts. «Les informations [contenues] dans les boîtes noires [de l'appareil] sont absolument cruciales pour l'enquête, et toute déclaration avant que leurs données ne soient extraites n'est pas un avis d'expert», a ajouté le responsable.

Le vol PS752 de la compagnie Ukraine Airlines International s'est écrasé le 8 janvier au petit matin quelques minutes après son décollage de Téhéran avec 176 personnes à bord, essentiellement des Irano-Canadiens, mais aussi des Afghans, des Britanniques, des Suédois et des Ukrainiens. Londres et Ottawa affirment que l'aéronef a sans doute été abattu par un missile sol-air iranien, probablement par erreur, des vidéos à l'appui de cette thèse – difficiles à authentifier – circulant sur la toile. 

Ali Abedzadeh affirme que ses équipes ont vu certaines de ces vidéos. «Nous confirmons que l'avion a été en feu pendant 60 à 70 secondes», mais dire «qu'il a été touché par quelque chose ne peut pas être correct sur le plan scientifique», a-t-il ajouté. 

Ces déclarations du responsable de l'aviation iranienne font suite à celles réalisées la veille par le Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui a annoncé que plusieurs sources de renseignement avaient conclu que le Boeing 737 avait été «abattu par un missile sol-air iranien». L'Iran avait immédiatement réagi à ces allégations, qualifiant la publication d'informations l'incriminant de «mises en scènes douteuses» et demandant au Canada de «partager» ses informations. En outre, le ministère iranien des Affaires étrangères a invité Boeing à «participer» à l'enquête.

L'Otan et Washington pensent que c'est un missile iranien

En France, le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) a annoncé ce 10 janvier son intention d'envoyer un représentant en Iran dans le cadre de l'enquête sur le crash. Pour sa part, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a estimé ce même jour qu'il n'y avait «aucune raison de ne pas croire» les informations de plusieurs pays occidentaux selon lesquelles le crash pouvait être dû à un tir accidentel de missile antiaérien iranien. «Je n'entrerai pas dans les détails sur nos renseignements mais ce que je peux dire, c'est que nous n'avons aucune raison de ne pas croire les informations que nous avons vues de différentes capitales alliées de l'Otan», a-t-il déclaré depuis Bruxelles.
Un peu plus tard, les Etats-Unis, par la voix de Mike Pompeo, ont abondé dans le même sens. «Nous croyons qu'il est probable que cet avion ait été abattu par un missile iranien», a déclaré le secrétaire d'Etat lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, avant d'ajouter que les Etats-Unis allaient «laisser l'enquête se dérouler avant de tirer toute conclusion définitive».

Le crash de Téhéran a coïncidé le 8 janvier avec les frappes iraniennes sur des bases militaires abritant notamment des soldats américains en Irak, en représailles à l'assassinat du général Qassem Soleimani, tué cinq jours plus tôt à Bagdad.

Lire aussi : Iran : près de 170 morts dans le crash d'un avion de la compagnie Ukraine International Airlines

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