Accusée d'antisémitisme, la ville d'Alost retire elle-même son carnaval du patrimoine de l'Unesco

- Avec AFP

Accusée d'antisémitisme, la ville d'Alost retire elle-même son carnaval du patrimoine de l'Unesco© NICOLAS MAETERLINCK / Belga / AFP Source: AFP
Le carnaval d'Alost en 2017. Image d'illustration.

Le maire de la ville flamande d'Alost a décidé de retirer du patrimoine de l'humanité de l'Unesco le carnaval local, accusé d'antisémitisme pour avoir caricaturé des juifs, avant que l’organisation internationale ne le fasse mi-décembre.

Le carnaval annuel d'Alost, en Flandre-Orientale dans le nord de la Belgique, qui existe depuis le Moyen-Âge, ne fait plus partie du patrimoine de l'humanité de de l'Unesco, comme l'a annoncé l'édile de la ville après une vaste polémique et des accusations d'antisémitisme.

La polémique avait surgi en mars dernier lorsque le maire d'Alost (Aalst en flamand), Christoph D'Haese, avait défendu un char de carnaval représentant des Juifs orthodoxes au nez crochu, entourés de rats et juchés sur des sacs d'argent. La scène avait suscité les protestations de la Commission européenne et d'organisations juives, les autorités locales défendant pour leur part «un rituel de transgression» permettant de rire de tout.

«C'est impensable que de telles parades aient lieu dans les rues européennes», avait ainsi commenté le 5 mars dernier Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission européenne, enjoignant «les autorités nationales de prendre les mesures qui s’imposent sur la base du droit applicable». 

Le carnaval attire à Alost des dizaines de milliers de personnes pendant les trois jours précédant le mercredi des Cendres, une célébration catholique.

Interrogé par plusieurs médias locaux, Christoph D'Haese a expliqué avoir décidé le retrait du carnaval de la liste de l'Unesco en apprenant que l'organisation avait prévu de le faire mi-décembre, après l'échec de discussions pour trouver un accord.

«Les citoyens d'Alost ont souffert d'accusations grotesques», a-t-il dénoncé dans un communiqué cité par l'agence Belga.

«Nous ne sommes ni antisémites ni racistes. Tous ceux qui soutiennent cela le font de mauvaise foi. Alost restera toujours la capitale de la moquerie et de la satire», a-t-il ajouté. Le carnaval d'Alost était inscrit depuis 2010 sur la liste du patrimoine immatériel de l'Unesco. 

Les dirigeants d'Alost ont préféré «sauter avant d'être poussés», a commenté dans un communiqué le rabbin Menachem Margolin, responsable de l'Association des Juifs d'Europe, basée à Bruxelles.

«Malgré des critiques générales, des représentations clairement grotesques et antisémites [...], le maire d'Alost a persisté dans une attitude de défi et de moquerie», a dénoncé Menachem Margolin.

Les défilés traditionnels belges dans le viseur 

Les polémiques se multiplient en Belgique autour des carnavals et autres défilés locaux. Ainsi, l'événement annuel d'Alost avait déjà soulevé l'indignation en 2015 quand des participants s'étaient grimés en djihadistes pour la parade. 

En août dernier, une organisation baptisée Bruxelles Panthères avait tenté en vain de faire supprimer le personnage du «Sauvage», accusé de véhiculer des clichés coloniaux et racistes, du défilé traditionnel de la Ducasse à Ath. L'association avait écrit à la directrice générale de l’UNESCO Audrey Azoulay pour que l'événement soit retiré «s'il le faut» de la liste du patrimoine culturel immatériel de l'organisation mondiale où il figure depuis 2008. 

Malgré les remontrances de l'Unesco, rappelant notamment «l'exigence du respect mutuel entre communautés», et une déclaration de principe de la mairie d'Ath, se disant ouverte à «faire évoluer» l'événement, le Sauvage avait bel et bien défilé sous les acclamations du public. 

La même organisation Bruxelles Panthères avait en outre réussi à faire annuler un événement baptisé la «sortie des nègres» de la Ducasse des Culants à Deux-Acren en 2018. En 2016, c'est la question du «père fouettard», souvent représenté avec le visage noirci dans le cadre des festivités de la Saint-Nicolas, qui avait elle aussi fait polémique. 

Lire aussi : A Ath, un «blackface» made in Belgique dans le viseur de militants antiracistes (VIDEO)

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