Bolivie : une marche funéraire antigouvernementale prise au milieu des gaz lacrymogènes (IMAGES)

Bolivie : une marche funéraire antigouvernementale prise au milieu des gaz lacrymogènes (IMAGES)© Marco Bello Source: Reuters
Des partisans de l'ancien président bolivien Evo Morales portent des cercueils de personnes tuées lors de récents affrontements avec les forces de sécurité, à proximité d'un véhicule blindé, dans une manifestation à La Paz, en Bolivie, le 21 novembre 2019.

Une manifestation de partisans d'Evo Morales portant les cercueils de victimes d'affrontements deux jours plus tôt, a été réprimée à coup de gaz lacrymogènes donnant lieu à des scènes de chaos. Les cercueils se sont retrouvés à même le sol.

Des milliers de personnes portant les cercueils de cinq des personnes tuées le 19 novembre dans des heurts sont descendues le 21 novembre d'El Alto, ville considérée comme un bastion de l'ancien président Evo Morales, vers La Paz.

Face à ce qui ressemblait à une grande marche funéraire antigouvernementale, la police bolivienne n'a pas hésité à faire usage de gaz lacrymogènes.

Sur la place San Francisco, dans le centre de La Paz, les personnes qui portaient deux des cercueils, recouverts de fleurs et d'une wiphala, la bannière multicolore des indigènes andins, ont été prises au milieu du nuage de gaz lacrymogène et ont été contraintes de les poser momentanément à terre, donnant lieu à des scènes surréalistes.

«Justice !», criaient les manifestants, qui accusent les autorités d'avoir tiré sur les protestataires qui entouraient l'usine de Senkata le 19 novembre, faisant huit morts et portant le bilan de la crise que vit la Bolivie depuis un mois à 32 morts. «On nous a criblés de balles. C'était sanglant», a déclaré à l'AFP Rufino Copa, un agriculteur de 42 ans qui participait à cette manifestation contre le gouvernement de Jeanine Añez, autoproclamée présidente du pays le 12 novembre après que le dirigeant indigène Evo Morales a dû quitter ses fonctions le 10 novembre, sous la pression conjuguée de l'armée et de la police

La crise a commencé lorsque Evo Morales, au pouvoir depuis 13 ans, a remporté l'élection présidentielle dès le premier tour le 20 octobre. L'opposition a estimé qu'il y avait eu fraude et est descendue dans la rue organisant des manifestations d'une rare violence. L'Organisation des Etats américains (OEA), basée à Washington, ayant déclaré avoir observé des irrégularités dans le processus électoral, Evo Morales a alors proposé l'organisation de nouvelles élections. Malgré cela, les protestataires ont multiplié les actions violentes, semant le chaos dans plusieurs régions du pays.

Bolivie : une marche funéraire antigouvernementale prise au milieu des gaz lacrymogènes (IMAGES)© Marco Bello Source: Reuters
Une femme pleure à côté du cercueil d'une personne tuée lors d'affrontements avec les forces de sécurité à Senkata le 19 novembre, alors qu'elle participe à une manifestation à La Paz, en Bolivie, le 21 novembre 2019.

Depuis la démission d'Evo Morales, ses partisans manifestent quotidiennement dans les rues de La Paz et dans certaines villes de province. Le Parlement bolivien examinait le 21 novembre deux projets de loi visant à organiser de nouvelles élections présidentielle et législatives. L'un émane de Jeanine Anez et l'autre du parti d'Evo Morales, le Mouvement vers le socialisme (MAS), actuellement majoritaire dans les deux chambres. Ils doivent permettre la mise en place d'un nouveau Tribunal suprême électoral (TSE) chargé de définir une date pour le nouveau scrutin. Outre la nomination du nouveau TSE, les parlementaires doivent fixer la date des élections et décider si Evo Morales pourra y participer.

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