Un engagement bancal ? L'Ukraine songe à des alternatives aux accords de Minsk

Un engagement bancal ? L'Ukraine songe à des alternatives aux accords de Minsk© GLEB GARANICH Source: Reuters
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Vadym Prystaiko.

Le chef de la diplomatie ukrainienne a rappelé que son pays avait pensé à un «plan B» voire «C», en cas d'échec des accords de Minsk. Or, Kiev doit discuter en décembre avec ses partenaires du format Normandie, la mise en oeuvre de ces accords...

Incohérence ? A quelques semaines de négociations au «format Normandie» prévues le 9 décembre à Paris, auxquelles Kiev doit participer, le ministre des Affaires étrangères ukrainien Vadym Prystaiko a déclaré qu'une alternative aux accords de Minsk, censés régler la situation dans l'est ukrainien, était envisagée par son pays. Or, les négociations au «format Normandie» visent précisément à assurer la mise en œuvre de ces accords de paix... 

Ainsi, dans un entretien accordé à RBC-Ukraine le 18 novembre, le chef de la diplomatie ukrainienne a évoqué un projet de «plan B», en cas d'échec dans la mise en application des accords de Minsk : «J'ai dit, à de nombreuses reprises, qu'il pourrait s'agir d'une opération de maintien de la paix». Or, si le ministre reconnaît que cela «n'est pas prévu par le processus de Minsk», selon lui, la question du retrait des Minsk est soulevée par les dirigeants internationaux. Pour rappel, les accords de Minsk II ont été signés en 2015 par les dirigeants de l'Ukraine, de la Russie, de la France et de l'Allemagne.

Vadym Prystaiko prend soin d'ajouter qu'il n'avait, par ces propos, dit quoi que ce soit d'«anti-Minsk» : «Au contraire, les dirigeants discutent depuis longtemps de la possibilité de changements prévoyant la possibilité d’une mission de maintien de la paix», a-t-il ajouté. 

Au cours de l’entretien, Vadym Prystaiko a même évoqué l'idée d'un «plan C», notamment si la Russie s'opposait au sein de l'ONU au déploiement d'une force de maintien de la paix.«Nous avons encore quelques options en stock», a-t-il assuré. 

Pour Moscou, «il ne faut pas compter sur le réexamen» des accords de Minsk

Après ces déclarations ukrainiennes, l'émissaire russe pour les négociations de paix au sein du groupe de contact sur l’Ukraine, Boris Gryzlov, a mis en garde contre toute remise en question des accords de Minsk. 

«Je voudrais appeler la partie ukrainienne à s'abstenir de toutes déclarations et actions de nature provocante. De telles déclarations et actions peuvent remettre en question la responsabilité et la capacité d'exercice des autorités de Kiev. Je tiens à rappeler que les accords de Minsk sont inscrits dans une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Il ne faut pas compter sur leur réexamen dans d'autres formats, et encore moins essayer de le faire unilatéralement», a-t-il déclaré. 

L'Elysée a annoncé, le 15 novembre, qu'une réunion au «format Normandie» (France, Allemagne, Russie, Ukraine) allait avoir lieu à Paris le 9 décembre. Le communiqué de la présidence française notait alors que des «avancées majeures [étaient] intervenues depuis l’été dans les négociations, qui ont notamment permis le désengagement des troupes dans plusieurs zones de tension, et permettra d’ouvrir une nouvelle séquence de mise en œuvre des accords de Minsk». 

En octobre dernier, d'ailleurs, Emmanuel Macron avait déclaré qu'il n'existait pas d'alternative aux accords de Minsk, devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. 

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