Orthodoxie : l’archevêché d’Europe occidentale officiellement rattaché à l’Eglise russe

Orthodoxie : l’archevêché d’Europe occidentale officiellement rattaché à l’Eglise russe© Sergey Pyatakov Source: Sputnik
Le patriarche de Moscou et de toute la Russie Cyrille (à droite) et l'archevêque Mgr de Doubna lors de la liturgie à l'occasion de la réunification de l'archevêché des paroisses de l'Europe occidentale de tradition russe à l'église orthodoxe russe dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou.

Placé depuis presque 100 ans sous l'autorité du Patriarcat de Constantinople, l’archevêché des Eglises orthodoxes russes en Europe occidentale est redevenu une partie intégrante du Patriarcat de Moscou le 3 novembre.

Le 3 novembre fera date pour les croyants orthodoxes vivant dans les pays d’Europe occidentale. Ce jour-là, le patriarche Cyrille de Moscou a remis au chef de l'archevêché des paroisses occidentales de tradition russe Jean (Mgr de Doubna) la Gramata sur le rétablissement de l'unité de l'archevêché des paroisses d'Europe occidentale avec l'Eglise orthodoxe russe.

La cérémonie de remise de la Gramata (une lettre qui officialise le rattachement des Eglises orthodoxes d’Europe occidentale à l’Eglise orthodoxe russe) a eu lieu le 3 novembre dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. Cette cérémonie achève le processus de réunification des paroisses russes d'Europe occidentale avec l'Eglise orthodoxe russe. Lors de la cérémonie, les prières ont été prononcées par des diacres en russe, en français et en allemand.

Le patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, dont les propos sont cités par l'agence russe TASS, a déclaré lundi le 4 novembre que la «réunification de l'Église orthodoxe russe avec l'archevêché des paroisses occidentales de tradition russe a mis fin à de nombreuses années de schisme». «Il n'y a plus aucune raison de créer de nouvelles divisions», a-t-il ajouté.

Du 2 au 4 novembre, l'archevêché des paroisses d'Europe occidentale de tradition russe célèbre à Moscou le rattachement avec l'Eglise orthodoxe russe. Une délégation conduite par Mgr de Doubna est arrivée dans la capitale russe le 1er novembre. La délégation compte plus de 100 personnes : descendants de la première émigration russe, représentants des émigrations modernes russes, biélorusses, ukrainiennes et moldaves, ainsi que des délégués français, belges, néerlandais, allemands, britanniques, roumains, polonais et serbes.

Le rattachement au Patriarcat de Moscou

En septembre, une réunion du clergé de l'archevêché a eu lieu à Paris. La plupart des participants ont appuyé la décision de l'archevêque Jean de demander l'unité canonique avec le Patriarcat de Moscou «afin d'assurer la continuité de la vie religieuse, liturgique et sacramentelle».

Plus des deux tiers des participants de la réunion du clergé (le minimum requis pour prendre une décision) ont appelé à rejoindre le Patriarcat de Moscou. Une décision similaire, selon l’archevêque, a été prise par environ 60 paroisses de tradition russe en Europe occidentale.

Début octobre, la décision d’inclure l'archevêché des paroisses d'Europe occidentale de tradition russe au Patriarcat de Moscou a été prise par le Saint-Synode de l'Église orthodoxe russe.

L'archevêché des paroisses d'Europe occidentale de tradition russe a été fondé en 1921. En novembre dernier, l’Eglise orthodoxe de Constantinople avait décidé de l’abolir à cause du schisme de l'Eglise ukrainienne. L’Eglise orthodoxe russe a de son côté invité les paroisses russes d’Europe occidentale à retourner sous sa juridiction.

Le schisme de l'Eglise ukrainienne

Le 6 janvier 2019, à la veille du Noël orthodoxe, le patriarche œcuménique de Constantinople (Istanbul) Bartholomée Ier a remis le décret officialisant l'indépendance de l'Eglise ukrainienne par rapport à la Russie en présence de l’ancien président ukrainien Petro Porochenko.

Ce «schisme» avait été dénoncé par le Patriarcat de Moscou, qui avait qualifié la décision de Constantinople de «catastrophe». Selon Vladimir Legoïda, un haut responsable de l'Eglise orthodoxe russe, cette décision s'assimilait à une tentative «de saper les fondements du système canonique de toute l'orthodoxie». Partant, le 15 octobre dernier, le métropolite Hilarion, en charge de la diplomatie du Patriarcat de Moscou, avait déclaré que le Saint-Synode de l'Eglise orthodoxe russe n'avait pas d'autre choix que de rompre ses liens avec le Patriarcat de Constantinople.

Le 11 octobre 2018, à l'issue d'un Saint-Synode de deux jours tenu à Istanbul, le patriarche Bartholomée avait annoncé reconnaître en Ukraine une Eglise indépendante (autocéphale), mettant ainsi fin à 332 années de tutelle religieuse du Patriarcat de Moscou dans le pays. Jusqu'à présent, le patriarcat de Kiev, autoproclamé après l'indépendance du pays en 1992, n'était reconnu par aucune Eglise orthodoxe dans le monde.

Lire aussi: La crise ukrainienne au sein de l'Eglise orthodoxe dépasse largement la sphère religieuse

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