Après accord avec les Kurdes, l'armée syrienne entre dans Raqqa pour la première fois depuis 2014

Après accord avec les Kurdes, l'armée syrienne entre dans Raqqa pour la première fois depuis 2014© RIA Novosti
Des drapeaux syriens flottent sur une stèle à l'entrée de la ville de Raqqa, le 16 octobre 2019.

L'armée syrienne a envoyé des troupes dans le nord après un accord avec les Kurdes, et aurait pénétré dans la ville de Raqqa, une première depuis cinq ans. Retour sur les soubresauts de cette ville, un temps capitale du «califat» de Daesh.

Ce 16 octobre, selon la chaîne de télévision al-Mayadeen, un groupe de soldats syriens serait entré dans la ville de Raqqa, dans le nord du pays, et a commencé à y mettre en place des postes d'observation. C'est la première fois depuis cinq ans que l'armée syrienne pénètre dans cette ville stratégique et centrale dans la guerre qui meurtrit le pays depuis 2011.

L'agence RIA Novosti a semblé confirmer cette information, en publiant ce 16 octobre une photographie prise le même jour de drapeaux syriens sur une stèle à l'entrée de la ville de Raqqa. 

Après accord avec les Kurdes, l'armée syrienne entre dans Raqqa pour la première fois depuis 2014© RIA Novosti
Drapeaux syriens sur une stèle à l'entrée de la ville de Raqqa, le 15 octobre 2019.

Quelques jours plus tôt, les milices kurdes, qui avaient pris la ville à Daesh en 2017, ont conclu un accord avec le gouvernement syrien pour que des troupes de l'armée soient déployées à la frontière afin de faire face à l'offensive de l'armée turque enclenchée le 9 octobre.

Raqqa, ancien fief de Daesh

Au début de la guerre en Syrie, Raqqa et sa région étaient relativement calme. Le président Bachar el-Assad s'était même rendu dans la ville en novembre 2011 pour y célébrer l'Aïd-el-Kébir. 

Mais en 2012, les premières protestations démarrent et des combats éclatent entre forces loyalistes et groupes rebelles. Ceux-ci – composés essentiellement de groupes islamistes dont Ahrar Al-Sham – prennent le contrôle de Raqqa en 2013. La ville leur est rapidement prise, en 2014, par les djihadistes de Daesh. Raqqa devient alors de facto la capitale du califat auto-proclamé de l'organisation terroriste.

Esclavage, viols, tortures, décapitations : la ville est avait alors été le théâtre des pires atrocités. C'est notamment à Raqqa qu'ont été planifiés la plupart des attentats terroristes qui ont frappé l'Europe, et notamment ceux du 13 novembre 2015 à Paris.

En octobre 2017, la ville avait été libérée de Daesh après une opération des Forces démocratiques syriennes (FDS) – dominées par les Kurdes – menée avec le soutien de l'aviation de la coalition internationale sous commandement américain de juin à octobre 2017. Mais cette «libération» s'est faite dans la douleur. Les bombardements et les opérations militaires des milices kurdes appuyées par les Etats-Unis avaient entraîné des pertes considérables.

Les Kurdes avec Damas pour se protéger de la Turquie

Ainsi, un rapport publié le 25 avril 2019 par Amnesty international fait état de plus de 1 600 civils tués en 2017 à Raqqa durant l'offensive de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre Daesh.

Le ministère syrien des Affaires étrangères avait, à l'époque des faits, qualifié les actions de la coalition à Raqqa de génocidaires. En outre, la ville a été en grande partie détruite lors de cette bataille contre Daesh.

Aujourd'hui, c'est donc à la faveur de l'offensive turque contre les Kurdes, lâchés par les Etats-Unis, que Raqqa va peut-être revenir, après cinq années, dans le giron de Damas. Celui-ci a en effet noué une alliance de circonstance avec les milices kurdes – bête noire d'Ankara – qui lui étaient opposées jusque là pour protéger son territoire de l'offensive turque.

Il s'agit maintenant que la situation ne s'envenime pas davantage. A cet égard, le 15 octobre, le Kremlin a annoncé que le président russe Vladimir Poutine avait abordé au téléphone le conflit syrien avec son homologue turc et l'avait invité en Russie dans les prochains jours pour une visite de travail. «L'invitation a été acceptée», a d'ores et déjà répondu la présidence russe dans un communiqué, ajoutant que les deux leaders avaient souligné «la nécessité de prévenir un conflit entre les unités turques et syriennes» dans le nord de la Syrie.

Lire aussi : Syrie : offensive turque sur le Rojava, les kurdes abandonnés ?

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