Un professeur américain niant le génocide amérindien aurait expulsé une étudiante révoltée

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Chiitaanibah Johnson, jeune étudiante amérindienne, aurait été exclue de son cours de l’université de Sacramento après avoir protesté contre son professeur qui, selon elle, niait le génocide des Amérindiens.

La plus grande des plaies de l’Amérique continue de saigner. Mercredi dernier, à l’université de Sacramento, Maury Wiseman, professeur enseignant l’histoire des Etats-Unis dispensait son cours. Selon Chiitaanibah Johnson, une de ses étudiantes âgée de 19 ans, il aurait tenu des propos polémiques sur le massacre des Amérindiens par les colons : «Je n’aime pas utiliser le terme génocide. Je pense que c’est trop fort par rapport à ce qu’il s’est passé. Ce terme implique que les Européens aient commis ces massacres volontairement. Hors la plupart de ces populations ont été frappées par la maladie».

De quoi déclencher l’ire de la jeune native qui reste cependant silencieuse... jusqu’au surlendemain. «Vendredi, il a commencé par dire que les indigènes n’étaient pas pacifiques et qu’ils se massacraient entre eux avant l’arrivée des blancs. Je suis au courant que des conflits existaient entre les natifs mais de là à dire que les Portugais ont été de braves explorateurs sans mentionner le commerce des esclaves…», explique la jeune femme.

A en croire Chiitaanibah Johnson, Maury Wiseman aurait tout simplement évité la discussion et regardé en l’air à chaque fois que l’élève lui demandait des comptes. Notamment sur son omission de parler des avancées technologiques ou de la spiritualité des Iroquois.

La jeune femme s’est alors mise à lire un article de United Nations rappelant que le terme génocide définissait «la volonté délibérée de massacrer un peuple, stériliser sa population et ou kidnapper leurs enfants». Le professeur aurait alors perdu son sang-froid et renvoyé l’élève de la classe après l’avoir sermonné : «Je n'apprécie pas le fait que vous me fassiez passer pour un raciste devant mes élèves. Vous avez pris en otage ma leçon par vos disgressions hors contexte».

L’université de Sacramento prend l’affaire au sérieux

Si Chiitaanibah Johnson dit «vivre ce type de racisme» depuis son plus jeune âge, elle veut, avec sa famille, trouver une issue favorable au conflit. Elle souhaite envoyer une lettre au département d’Histoire de l’université afin de trouver une solution cordiale.

De son côté, celui-ci assure que l’élève n’a pas été expulsée de son cours : «Un professeur ne peut pas exclure un élève de son cours d’Histoire unilatéralement». Le président de l’université, Robert S. Nelsen, dit «prendre l’affaire très au sérieux» et «rechercher toute information» lui permettant de mettre fin à cette crise.

La famille de Chiitaanibah Johnson ne souhaite plus faire de commentaires avant d’avoir recontré les officiels de l’université.

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