Tensions Washington-Téhéran : Macron espère que «quelque chose» se passera à New York

Tensions Washington-Téhéran : Macron espère que «quelque chose» se passera à New York© Hamad I Mohammed Source: Reuters
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Le ministre saoudien de la Défense, Turki al-Maliki, accuse le 18 septembre 2019 l'Iran d'avoir parrainé les attaques contre des installation pétrolières iraniennes.

Washington et Riyad accusent l'Iran d'être derrière les attaques du 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes. A la veille du débat à l'Assemblée générale de l'ONU, le président français espère une décrue des tensions.

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  • Selon la journaliste de CNN Christiane Amanpour, Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie irannienne, a déclaré que le président iranien Hassan Rohani était disposé à rencontrer son homologue américain à New-York,«à condition que Donald Trump «soit prêt à faire ce qui est nécessaire». A savoir : abandonner les sanctions contre une «surveillance permanente des installations nucléaires iraniennes».

  • Emmanuel Macron, en route vers New-York, a déclaré à quelques journalistes embarqués dans son avion : «Est-ce qu'on a augmenté les chances d'une rencontre [entre Donald Trump et Hassan Rohani] avec ces frappes ? Non. Il faut être lucide. On voit bien que les choses sont en train de se tendre»

    Mais il a néanmoins ajouté que «quelque chose [pouvait] se passer» à New York.

  • Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré à des journalistes qui l'accompagnent à New York : «Je peux vous dire que le Royaume-Uni attribue à l'Iran avec un très haut degré de probabilité les attaques d'Aramco [le géant pétrolier saoudien qui gère le site]».

    «La difficulté est de savoir comment organiser une réponse internationale», a aussi dit le chef de gouvernement britannique, ajoutant : «De toute évidence, si les Saoudiens ou les Américains nous demandent de jouer un rôle, nous envisagerons de quelle manière nous pourrions être utiles», a-t-il ajouté.

    Les accusations contre l'Iran ont également été partagées sur Twitter par le Premier secrétaire d'Etat britannique Dominic Raab.

  • La présence de force étrangères dans le Golfe accroît l'«insécurité», a affirmé le président iranien Hassan Rohani après l'annonce de l'envoi de renforts de troupes américaines dans la région.

    «Votre présence a toujours apporté douleur et malheur dans la région», a lancé le président iranien à l'attention de «ceux qui veulent tenir l'Iran pour responsable» des maux de la région. «La sécurité du golfe Persique est endogène, la sécurité du détroit d'Ormuz est endogène. Les forces étrangères sont source de problème et d’insécurité pour notre peuple et pour la région», a-t-il ajouté, dans un discours prononcé à l'ouverture d'un défilé militaire à Téhéran.

    Le chef d'Etat a par ailleurs annoncé que l'Iran présenterait à l'ONU un plan de coopération destiné à assurer la sécurité «du golfe Persique, du détroit d'Ormuz et de la mer d'Oman» entre pays riverains.

  • Le chef des Gardiens de la révolution a prévenu que tout pays qui attaque la République islamique d'Iran verra son territoire devenir «le principal champ de bataille» du conflit.

    «Quiconque veut que sa terre devienne le principal champ de bataille, allez-y», a dit le général de division Hossein Salami en conférence de presse à Téhéran. «Nous ne permettrons jamais qu'une guerre empiète sur le territoire de l'Iran».

  • Les Etats-Unis ont annoncé l'envoi de renforts militaires dans la région du Golfe. «A la demande de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes Unis, le président a approuvé le déploiement de forces américaines, qui seront défensives par nature, et principalement axées sur les forces aériennes et la défense antimissile», a déclaré le secrétaire à la Défense Mark Esper.

  • Le gouverneur de la Banque centrale iranienne a affirmé que les nouvelles sanctions américaines contre son institution montraient que Washington n'a pas de levier contre Téhéran, selon l'agence de presse officielle Irna.

    «Les sanctions de l'administration américaine contre la Banque centrale montrent à quel point ils [les Américains] n'arrivent pas à trouver de levier contre l'Iran», a réagi le gouverneur Abdolnasser Hemmati, cité par Irna.

  • Les rebelles Houthis du Yémen ont annoncé envisager l'arrêt toutes les attaques contre l'Arabie saoudite dans le cadre d'une initiative de paix destinée à mettre fin à un conflit de cinq ans.

    Le président du Conseil politique des Houthis (équivalent au président de la République), Mehdi Machat, a annoncé dans un discours à l'occasion de la prise par les rebelles de la capitale Sanaa le 21 septembre 2014 «l'arrêt de toutes les attaques contre le territoire de l'Arabie saoudite», en espérant que «ce geste aura pour réponse un geste plus fort» de la part des Saoudiens, a rapporté la télévision Al-Massirah des rebelles Houthis.

  • L'ayatollah Alamolhoda, le chef religieux des prières du vendredi à Machad, deuxième ville de l'Iran au nord-est du pays, a annoncé lors de la prière hebdomadaire du vendredi que l'Iran «ne se [limitait] pas à sa situation géographique».

    «Le Hachd al-Chaabi en Irak, le Hezbollah au Liban, Ansarullah [les rebelles Houthis] au Yémen, les Forces de défense nationale en Syrie, le Djihad islamique et le Hamas en Palestine, sont tous l'Iran.»

    Le religieux est membre de l'Assemblée des experts chargée de nommer, de superviser et éventuellement démettre le guide suprême. Il s'agit d'une des plus hautes institutions de la République islamique.

  • Le président chinois, Xi Jinping, a annoncé condamner les attaques qui ont été perpétrées sur les installations pétrolières en Arabie saoudite et a appelé à la retenue entre les belligérants, selon le média «Chine nouvelle».

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Le ministre saoudien de la Défense, Turki al-Maliki, a affirmé ce 18 septembre que les attaques contre deux de installations pétrolières saoudiennes provenaient du «Nord» et ont été «incontestablement» parrainées par l'Iran, précisant que le royaume enquêtait toujours sur le lieu «exact» de leur lancement. Le responsable saoudien a effectué cette déclaration au cours d'une présentation où ont été dévoilés des débris de «drones» et de «missiles de croisière».   

Le 14 septembre, les rebelles houthis du Yémen avaient revendiqué des attaques de drones visant l'usine d'Abqaiq, la plus grande au monde pour le traitement de pétrole, et le champ pétrolier de Khurais, deux sites situés dans l'est de l'Arabie saoudite, provoquant une réduction de la production saoudienne de 5,7 millions de barils par jour, soit 6% de la production mondiale.

Donald Trump avait alors attribué la responsabilité des attaques à l'Iran et dépêché dans la foulée son ministre des Affaires étrangères Mike Pompeo à Jeddah pour définir les contours d'une éventuelle réponse militaire. Apportant un démenti formel aux accusations américaines, Téhéran avait en réponse raillé la stratégie de «tromperie maximale» de Washington.

Les Etats-Unis annoncent un durcissement des sanctions contre l'Iran

Sur sa lancée, le président américain a annoncé ce même 18 septembre avoir ordonné au secrétaire au Trésor de durcir les sanctions contre l'Iran. Cette nouvelle offensive diplomatique a très vite été saluée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou : «L'agression iranienne s'est accrue récemment, y compris dans le Golfe, et c'est précisément le moment de renforcer les pressions et les sanctions. Je suis heureux que le président Trump ait fait exactement cela», s'est-il réjoui dans un communiqué.

Des experts de l'ONU attendus sur les lieux de l'attaque

Alors que Washington continue de souffler le chaud et le froid, des experts de l'Organisation des Nations unies (ONU) devraient se rendre en Arabie saoudite pour mener une enquête internationale, selon l'AFP. «C'est très bien qu'une enquête internationale soit menée [sur cette affaire]», a souligné ce 18 septembre une source diplomatique qui a requis l'anonymat.

Le mandat de ces experts repose sur la résolution ayant entériné l'accord nucléaire de 2015 avec l'Iran et sur la résolution ayant décrété un embargo sur les armes au Yémen, ont précisé des diplomates. La France a également informé les autorités saoudiennes qu'elle enverrait des experts sur place.

Lire aussi : Attaque contre des sites pétroliers saoudiens : l'Iran balaie les accusations américaines

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