Naval Group et Thalès ont-ils contribué à la crise yéménite en aidant les Saoudiens ?

Naval Group et Thalès ont-ils contribué à la crise yéménite en aidant les Saoudiens ?© FRED TANNEAU Source: AFP
Une frégate française en plein exercice naval avec la flotte indienne au large de la Brest en mai 2017 (image d'illustration).

Selon une enquête menée par Disclose et Radio France, l'entreprise Naval Group, détenue à 62,25% par l'Etat français, aurait contribué au blocus du Yémen en assurant l'entretien d'une frégate et d'une corvette vendues à l'Arabie saoudite.

Ce 17 septembre, la cellule d'investigation de Radio France, en collaboration avec l'agence Disclose, publie une vidéo qui démontrerait l'implication d'entreprises françaises en partie détenues par l'Etat dans un blocus au large du Yémen. En l'espèce, il s'agit des Constructions navales de Normandie (CNM) de Thalès et de Naval Group.

Ce blocus mené par les marines émiratie et saoudienne aurait notamment empêché l'acheminement de denrées pour le peuple yéménite affamé et l'approvisionnement en carburant pour faire tourner les groupes électrogènes des hôpitaux alors que le pays est en proie à une guerre civile depuis 2014 qui a fait des dizaines de milliers de morts parmi les populations civiles. Selon les estimations de l'ONG Save the children en novembre 2018, 85 000 enfants seraient notamment morts de la famine et des maladies depuis le début du conflit.

Dans l'enquête de Radio France, il est démontré, vidéos à l'appui, que les entreprises d'armement françaises ont fourni la coalition saoudienne en bateaux de guerre fabriqués en France. Les journalistes s'appuient notamment sur note de la direction du Renseignement militaire (DRM) classée confidentiel défense et révélée en avril 2019 par Disclose qui faisait savoir qu'une corvette classe Baynunah vendue par la France et construite par CMN (Constructions mécaniques de Normandie) «particip[ait] au blocus maritime». Le même constat a été dressé concernant une frégate saoudienne construite en France. Par ailleurs, le conglomérat d'enquêteurs a fondé son analyse sur des sources ouvertes et disponibles en ligne, notamment sur le réseau social LinkedIn. 

Et Radio France précise : «Nous avons également découvert que Naval Group avait signé plusieurs contrats de maintenance de frégates saoudiennes en 2013 dont les prestations se sont poursuivies après le déclenchement du conflit au Yémen et au moins jusque fin 2018.»

Par ailleurs, l'article ajoute qu'un rapport d'Amnesty international est venu souligner que «la responsabilité juridique des entreprises occidentales impliquées dans la livraison de matériels peut être engagée, de même que dans le cadre d’une assistance apportées aux pays concernés par la guerre au Yémen. Selon l’ONG, certaines entreprises ne respectent pas pleinement les exigences requises dans le domaine des droits humains».

Lire aussi : La diplomatie de l'armement

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