Italie : les militants du M5S soutiennent à une large majorité une coalition avec le centre gauche

- Avec AFP

Auteur: RT France

Une large majorité (80%) d'adhérents du Mouvement 5 Etoiles (M5S) ont voté ce 3 septembre en faveur d'une alliance avec le Parti démocrate (PD). Ce vote décisif éloigne ainsi la tenue d'élections anticipées réclamées par Matteo Salvini.

Les militants du Mouvement 5 Etoiles (M5S) ont approuvé à une très grande majorité, lors d'un vote en ligne, une participation de leur formation politique à la coalition gouvernementale avec le Parti démocrate (centre gauche). «80% [des militants] ont voté "oui" à la formation d'un gouvernement dirigé par [le Premier ministre désigné] Giuseppe Conte», a annoncé ce 3 septembre le chef du mouvement Luigi Di Maio. L'Italie était suspendue à ce vote de quelques dizaines de milliers d'adhérents du M5S entre 7h et 16h, car un résultat négatif aurait sonné le glas du nouveau gouvernement en gestation.

Le programme est fini, maintenant nous allons passer à l’équipe de gouvernement

«Je veux rappeler qu'en moins d’un mois nous avons réussi à résoudre une crise de gouvernement qui s’est déclenchée en août», s'est réjoui Luigi Di Maio lors d'une conférence de presse, remerciant les «80 000 citoyens italiens qui ont voté sur une plateforme numérique unique au monde». «Je crois que nous devons être fiers de cette plateforme numérique […] car elle nous a offert une méthode différente pour créer un gouvernement», a-t-il poursuivi au sujet de la plateforme «Rousseau», nom du portail de démocratie participative du M5S.

«Le programme est fini, maintenant nous allons passer à l’équipe de gouvernement, nous serons les promoteurs de toutes les idées du programme du gouvernement. Nous approuverons toutes les lois qui serviront à aider les jeunes», a-t-il affirmé. Luigi Di Maio, critiqué ces derniers jours dans la presse pour ses atermoiements, y compris par le fondateur du M5S, le comique Beppe Grillo, avait levé la veille un obstacle de taille sur le chemin de la formation d'un nouveau gouvernement : il a renoncé à revendiquer un poste de vice-Premier ministre (dont il est actuellement titulaire) du moment que le PD y renonçait également.

Matteo Salvini déjà parti à la reconquête du pouvoir 

Chef du gouvernement sortant, Giuseppe Conte a été reconduit le 29 août par le président de la République Sergio Mattarella pour essayer de construire une nouvelle équipe gouvernementale M5S-PD. Après quelques altercations publiques entre les deux partis, autrefois ennemis, les deux formations ont décidé de gouverner ensemble pour éviter des élections anticipées. Le M5S a publié en ligne parallèlement à la consultation de ses militants, une ébauche de programme commun de gouvernement comportant 26 points validés par les leaders des deux partis et soumis à l'examen de Giuseppe Conte.

Dans ce texte figure notamment «l'élimination de toute forme d'inégalité sociale, territoriale ou de genre», la réduction des taxes sur le travail, l'élaboration «d'une série de loi contre le conflit d'intérêt» ou une «réponse forte» aux problèmes des flux migratoires.

Après son pari raté, Matteo Salvini n'a pas tardé à annoncer son plan de bataille pour revenir au pouvoir : «Dès aujourd'hui, vous m'aurez face à vous plus en colère et déterminé qu'avant, j'irai de ville en ville et nous regagnerons ce pays», a-t-il lancé ce 3 septembre dans un message sur Facebook.

L'objectif du leader du parti souverainiste de droite est de partir en campagne pour faire tomber le gouvernement et obtenir au plus vite des élections. Selon les médias italiens, Giuseppe Conte devrait présenter le matin du 4 septembre son équipe gouvernementale au président de la République, avant de prêter serment. Une fois son gouvernement investi, il devra encore obtenir la confiance des deux chambres du parlement, sans doute d'ici à la fin de la semaine. 

L'Italie a été plongée dans une grave crise politique le 8 août lorsque le chef de la Ligue Matteo Salvini a fait éclater l'alliance formée 14 mois plus tôt avec le M5S, en invoquant des désaccords sur les projets de grandes infrastructures ou les baisses d'impôts.

Lire aussi : Fin de la coalition M5S-Ligue : Matteo Renzi de retour pour faire rempart à la «droite extrémiste» ?

 

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