Les Etats-Unis demandent la saisie du pétrolier iranien relâché par Gibraltar

Les Etats-Unis demandent la saisie du pétrolier iranien relâché par Gibraltar© Jorge Guerrero Source: AFP
Le Grace 1, le 15 août 2019, au large des côte de Gibraltar (image d'illustration).

Le Département américain de la Justice a fait savoir qu'il lançait un mandat de saisie contre le pétrolier détenu par Gibraltar depuis le 4 juillet dernier. La Cour suprême du territoire britannique venait d'autoriser le navire à lever l'ancre.

Le Département américain de la Justice a émis, le 16 août, un «mandat de saisie» à l’encontre du pétrolier iranien arraisonné par Gibraltar le 4 juillet dernier, et dont la Cour suprême du territoire britannique avait autorisé la libération le 15 août. «Le pétrolier "Grace 1" […] est passible de saisie pour violation de l’International Emergency Economic Powers Act, de la loi sur la fraude bancaire et le blanchiment d’argent», peut-on lire dans un communiqué du Département.

Le Grace 1 était jusqu’alors suspecté de transporter plus de deux millions de barils de pétrole que les autorités gibraltariennes, comme américaines, pensaient destinés à la Syrie – frappée d’un embargo de la part de l’Union européenne – ce que l’Iran a jusqu’à maintenant démenti. Mais le 15 août, le chef gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, a affirmé, dans un communiqué ainsi que dans une vidéo, avoir reçu «l’assurance écrite de la part de la République d’Iran que, si le navire était relâché, sa destination ne serait pas un territoire soumis à des sanctions européennes».

La Cour suprême de Gibraltar avait donc logiquement levé l’immobilisation du bâtiment. Une décision dont a pris note le ministère des Affaires étrangères britannique dans un communiqué daté du 15 août. «Nous notons que le gouvernement de Gibraltar a reçu de l’Iran l’assurance que le Grace 1 ne se rendrait pas en Syrie. L’Iran doit respecter les assurances qu’il a fournies», a précisé le ministère.

Abbas Moussavi, porte-parole de la diplomatie iranienne, a contesté cette affirmation, comme le rapporte l’agence de presse privée Tasnim. «Pour la libération du pétrolier Grace 1, l’Iran n’a pris aucun engagement de ne pas aller en Syrie», a-t-il assuré le 16 août, ajoutant que «même si c’était le cas» les liens économiques entre le Syrie et l’Iran n’étaient «l’affaire de personne [d’autre que les deux nations]». De son côté, Ali Rabiei, porte-parole du gouvernement, a salué cette décision sur Twitter. «Notre pétrolier illégalement saisi a été relâché. Cette victoire, obtenue sans contrepartie, est le résultat d'une diplomatie puissante et d'une volonté forte de se battre pour les droits de la nation», a-t-il déclaré.

Nouvelle identité pour le Grace 1

Le vice-directeur des Ports iraniens et de l'Organisation maritime, Jalil Eslami, a lui annoncé le 16 août à la télévision iranienne que le navire repartirait en Méditerranée affublé d’un nouveau nom et d’un nouveau pavillon. «Conformément à la demande de son propriétaire, le Grace 1 partira en mer Méditerranée après avoir changé de pavillon pour celui de la République islamique d'Iran [et non plus celui du Panama] et avoir été renommé Adrian Darya pour le voyage», a-t-il expliqué. Il a également confirmé que le pétrolier transportait «deux millions de barils iraniens».

L’Adrian Darya s’apprête donc à voguer de nouveau vers une destination inconnue, mais il est «peu probable» qu’il puisse lever l’ancre avant le 18 août, d’après le Gibraltar Chronicle, citant une source proche du dossier. «Six marins dont un commandant arriveront dimanche [le 18 août]» pour prendre la mer, selon la même source. Néanmoins, le département d'Etat américain a prévenu, le 15 août dans un communiqué, que les membres d'équipage qui «aideraient le Corps des Gardiens de la Révolution [organisation classée comme terroriste par les Etats-Unis depuis le mois d'avril] à transporter du pétrole d'Iran en Syrie» pourraient être «inéligibles à l'obtention d'un visa vers les Etats-Unis».

Ce dénouement marque un possible début de résolution dans la crise diplomatique qui oppose Téhéran et Londres depuis l’arraisonnement du pétrolier par Gibraltar, et ce alors que la région du détroit d’Ormuz cristallise toutes les tensions entre l’Iran et les Etats-Unis depuis plusieurs mois. En représailles, la République islamique avait à son tour saisi plusieurs navires. Le 19 juillet, elle avait mis la main sur un pétrolier battant pavillon britannique.

Alexis Le Meur

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