Chassé-croisé de bateaux de migrants entre Malte et Rome

- Avec AFP

Chassé-croisé de bateaux de migrants entre Malte et Rome© Darrin Zammit Lupi Source: Reuters
Le navire Alan Kurdi affrété par l'ONG allemande Sea-Eye au large de Malte le 9 avril 2019.

Alors que le navire d'une ONG allemande, avec 65 migrants à son bord au large de la Libye, n'obtient pas de réponse quant à leur prise en charge, Malte a accepté de recueillir une cinquantaine d'exilés secourus la veille par le voilier Mediterranea.

Le navire d'une ONG allemande a secouru le 5 juillet au matin 65 migrants au large de la Libye, et attend désormais de Malte, Rome et Tripoli une réponse pour leur prise en charge. 

Selon l'ONG Sea-Eye, le Alan Kurdi a repéré l'embarcation, un bateau pneumatique surchargé, au petit matin. Le navire avait un moteur en fonctionnement et suffisamment de carburant, en revanche ses occupants n'avaient ni téléphone satellite, ni GPS.

«Les gens à bord ont une chance incroyable d'avoir été repérés aux jumelles au petit matin. Sans téléphone avec guidage par satellite et sans connaissances nautiques, ces jeunes gens auraient sans doute disparu», a jugé Gorden Isler, un responsable du Alan Kurdi, dans un communiqué.

Le navire Alan Kurdi a été baptisé par Sea-Eye en hommage au petit garçon syrien retrouvé noyé sur une plage turque en 2015 et dont la photo a fait le tour du monde. Selon le communiqué de Sea-Eye, ni Malte, ni l'Italie ni les autorités libyennes n'ont répondu aux appels de l'ONG alors que l'accueil des migrants secourus en mer est devenu un casse-tête.   

Un accord Malte-Rome pour d'autres migrants secourus la veille 

Face à une situation similaire, le gouvernement maltais a annoncé le 5 juillet envoyer un navire militaire chercher la cinquantaine de migrants secourus la veille par le voilier d'un collectif de gauche, Mediterranea.

Dans l'attente, l'ONG s'est plaint que la situation à bord, où se trouvent plusieurs femmes enceintes et enfants, devenait «insoutenable», notamment à cause du soleil. Même s'ils tentent de «mettre à l'ombre les passagers», les «femmes sont malades malgré les soins des médecins».

L'Italie, sous l'impulsion de son ministre de l'Intérieur nationaliste Matteo Salvini, a fermé ses ports aux navires d'ONG secourant des migrants en mer et qu'il considère comme des complices des passeurs.

Les migrants – 54 selon Mediterranea, 55 selon le communiqué maltais – seront accueillis à La Valette. En contrepartie, «l'Italie accueillera 55 migrants de Malte», a ajouté le communiqué, alors que les arrivées dans le tout petit pays méditerranéen ont bondi cette année. Cet accord entre Rome et La Valette ne préjuge en rien des responsabilités dans l'opération de sauvetage menée par Mediterranea, «mais s'inscrit dans une initiative qui promeut un esprit européen de coopération et de bonne volonté entre Malte et l'Italie», a précisé le communiqué maltais.

Le voilier, affrété par le collectif italien de gauche Mediterranea, a secouru les migrants le 4 juillet après-midi, devançant une vedette des garde-côtes libyens envoyée par Tripoli, et se trouve actuelle devant Lampedusa, escorté par le navire humanitaire espagnol Open Arms.

Matteo Salvini, ministre italien de l'Intérieur, avait signé dans la soirée un décret lui interdisant de pénétrer dans les eaux italiennes, en vertu d'un décret-loi entré en vigueur début juin pour lutter contre les ONG de secours en mer qu'il considère comme complices des passeurs.

La semaine dernière, le navire d'une autre ONG allemande, le Sea-Watch 3, avait forcé l'entrée dans un port de l'île italienne de Lampedusa après plusieurs jours en mer avec des dizaines de migrants à bord. La capitaine Carola Rackete avait été brièvement arrêtée alors et doit encore être entendue par le parquet le 9 juillet dans le cadre d'une enquête pour aide à l'immigration clandestine.

Le Alan Kurdi avait déjà passé 10 jours en mer en avril avec 64 migrants à bord, en attendant d'obtenir l'autorisation d'aller à Malte pour débarquer ses passagers qui ont été répartis dans plusieurs pays européens. 

Lire aussi : La capitaine du Sea-Watch déclarée libre par la justice italienne

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