Algérie : sous la pression de la rue, le président de l’Assemblée populaire nationale démissionne

- Avec AFP

Algérie : sous la pression de la rue, le président de l’Assemblée populaire nationale démissionne© RYAD KRAMDI
Mouad Bouchareb, le 9 avril 2019 à Alger (image d'illustration).

Mouad Bouchareb, le président de l'Assemblée populaire nationale algérienne, dont les contestataires demandaient la démission, a cédé. Il faisait partie des «4B», des responsables politiques hauts placés dont la rue réclamait le départ.

Le président de l'Assemblée populaire nationale algérienne (APN), Mouad Bouchareb – l'une des cibles de la contestation dont l'Algérie est le théâtre depuis février – a démissionné ce 2 juillet selon Abdelhamid Si Affif, président de la commission des Affaires étrangères.

«Le bureau de l'APN s'est réuni et a déclaré la vacance du poste», a ajouté le responsable politique. Selon lui, la commission juridique de l'Assemblée devra encore élaborer un «rapport de vacance du poste» qu'elle soumettra en session plénière, chargée de l'entériner, le tout «dans un délai de 15 jours». Aucun motif officiel n'a été fourni sur cette démission.

Bien qu'occupant une fonction moins exposée médiatiquement, Mouad Bouchareb faisait partie, avec le chef de l'Etat par intérim Abdelkader Bensalah, le Premier ministre Noureddine Bedoui et l’ex-président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaiz, des «4B» dont les contestataires ont réclamé le départ après la démission le 2 avril, sous la pression de la rue et de l'armée, du chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika.

Ancien chef du groupe parlementaire du Front de libération nationale, Mouad Bouchareb, 47 ans, avait été élu fin octobre 2018 après un coup de force envers son prédécesseur Said Bouhadja, lui aussi membre du FLN.

Après sa démission, la séance de clôture de la session parlementaire de la chambre basse prévue ce même jour a été annulée. Ce développement intervient dans un contexte particulièrement troublé en Algérie, où les manifestations pour le départ de l'ensemble du système au pouvoir ne faiblissent pas. La présidentielle prévue le 4 juillet pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika a été annulée sine die faute de candidats et, en vertu de la Constitution, la période d'intérim au poste de chef de l'Etat d'Abdelkader Bensalah est censée prendre fin le 9 juillet. Des centaines d'étudiants et d'enseignants ont de nouveau manifesté pour la 19e semaine d'affilée contre le pouvoir, réclamant particulièrement la libération des «détenus politiques».

De nombreux slogans ont de nouveau visé le général Ahmed Gaïd Salah, devenu de facto l'homme fort du pays, qui refuse les revendications du mouvement de contestation. La principale d'entre elles est la mise en place d'instances de transition débarrassées de tous les fidèles d'Abdelaziz Bouteflika et qui seraient chargées de réformer le pays avant la tenue d'une présidentielle.

Lire aussi : Paris : des milliers de manifestants réclament une «transition démocratique en Algérie» (IMAGES)

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