Algérie : l'opposition tente de se faire une place sur la nouvelle scène politique (VIDEO)

Algérie : l'opposition tente de se faire une place sur la nouvelle scène politique (VIDEO)© RYAD KRAMDI Source: AFP
Des Algériens agitent l'emblème national lors d'une manifestation contre le pouvoir, le 31 mars 2019 à Alger (image d'illustration).

L'impasse politique se poursuit en Algérie. Alors que les manifestants revendiquent une transition immédiate afin d'assainir le système politique, l'armée s'y refuse. Entre ces deux camps, l'opposition tente, difficilement, de se faire entendre.

Un peu plus de deux mois après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, l’Algérie est plongée dans une impasse politique. Alors que les manifestants exigent la fin d’un système politique honni, le chef de l’armée Ahmed Gaïd Salah – devenu de facto l’homme fort du pays – souhaite la résolution de la crise actuelle, par l’organisation d’une élection présidentielle dans le cadre constitutionnel actuel. Face à ces deux camps, l’opposition tente, non sans difficulté, de porter la voix de la contestation.

Le peuple algérien a rejeté ce processus électoral

Pour RT France, Zoubida Assoul, une des figures de l’opposition algérienne, explique les raisons de l’impossibilité d’organiser un scrutin présidentiel sans transition politique : «On ne peut pas aller à [une élection présidentielle]. On a toujours une administration qui toujours eu la mainmise sur l’organisation des élections. Ce sont les walis (préfets), le ministère de l’Intérieur qui organisent les élections. La deuxième problématique […] c’est l’assainissement [la mise à jour] du fichier électoral. Et enfin la troisième chose, la plus importante à mes yeux, c’est que le peuple algérien a rejeté ce processus électoral. Quel est le parti politique de l’opposition qui pourrait s’aventurer dans des élections que le peuple rejette ?»

Lire aussi : Algérie : le patron de l’armée promet de nettoyer le pays de la «corruption» et des «corrupteurs»

Chef de file du parti d’opposition Jil Jadid, Soufiane Djilali a été à l’initiative de plusieurs mouvements de protestations contre le cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika. Pour lui, la priorité réside dans l’organisation d’une transition démocratique basée sur un «arsenal juridique» transparent. «Pour mettre en place cet arsenal juridique, il faut qu’il y ait un consensus, une négociation et un dialogue». Or, selon lui, c'est à l'armée qu'il revient d'accepter d'arbitrer ce dialogue.

Nous sommes dans un pays où le multipartisme est de façade

Si l’opposition tente de contribuer à l'émergence d'une solution susceptible de régler la crise actuelle, elle souffre, elle aussi, de la profonde méfiance des Algériens à l'égard de la classe politique selon Mourad Slimani, directeur de la rédaction du quotidien El Watan : «Il y a certains leaders de partis politiques qui ont été conviés à sortir des manifestations parce que les Algériens ne voulaient pas que leur mouvement soit récupéré. Nous sommes dans un pays où le multipartisme est de façade. Non pas par la faute des acteurs politiques mais de la démarche du pouvoir qui, dès qu'un parti politique défend un autre projet, est bloqué dans son activité», analyse-t-il.

Alors que le général Ahmed Gaïd Salah, a mis en garde le 18 juin contre toute transition hors du cadre constitutionnel, estimant qu'elle aboutirait à la «destruction des fondements de l'Etat», l'opposition et les représentants de la société civile ont tour à tour rendu public leurs feuilles de route pour sortir d'une impasse politique qui dure depuis plusieurs mois. L'une de ces offres politiques trouvera-t-elle l'adhésion des autorités actuelles ? La majorité des Algériens y adhérera-t-elle ? Autant de questions qui témoignent de l'incertitude actuelle dans le pays sur une issue rapide à l'impasse actuelle.

Lire aussi : Manifestation en Algérie : un faux procès public règle son compte au pouvoir (VIDEO)

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»