Candidature de Bardella : le RN en plein doute
© Pascal Le Segretain/WireImage Source: Gettyimages.ru«Bling-bling» à Monaco, absences remarquées et maladresses télévisées : la précampagne de Jordan Bardella suscite un malaise croissant au Rassemblement national à moins d’un an de la présidentielle 2027.
Suspendu à la décision du 7 juillet sur l’inéligibilité éventuelle de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens, le Rassemblement national voit émerger des fissures internes autour de son président Jordan Bardella, pourtant favori dans les sondages.
Un candidat « hors-sol », des rivalités internes
L’image de Jordan Bardella, coupe à la main dans les loges VIP du Grand Prix de Formule 1 à Monaco le 7 juin, alors qu’une marche blanche rendait hommage à la petite Lyhanna assassinée dans le Gers, a profondément gêné une partie du parti. « Cette photo est une erreur », estime un proche de Marine Le Pen. Un cadre renchérit : « C’est le summum du bling-bling ».
Sur X, les réactions sont virulentes, comme ce tweet : « Jordan Bardella au Grand Prix de Monaco pendant la marche blanche… Ça fait tâche ».
Les explications du président du RN sur BFMTV, évoquant les « marches blanches tous les jours » et son amour pour la F1, n’ont pas apaisé les critiques. Elles ont au contraire accentué le sentiment d’une déconnexion avec l’électorat populaire.
Le politologue Jérôme Jaffré commente cette séquence comme étant « une forme d’inhumanité » et d’estimer que beaucoup de cadres du RN doivent espérer dans une candidature de Marine Le Pen.
"Beaucoup de cadres du RN espèrent que le 7 juillet Marine Le Pen ne sera pas inéligible". Pour Jordan Bardella "se montrer au grand prix de Monaco à la même heure que la marche blanche pour Lyhanna, c’était une erreur". Jérôme Jaffré, invité de @AureCasse dans #cdanslair. pic.twitter.com/R8b6z6BOCw
— C dans l'air (@Cdanslair) June 17, 2026
Ces maladresses s’ajoutent à d’autres absences remarquées. Début juin, Bardella a brillé par son absence au congrès des Jeunes agriculteurs à Bourg-en-Bresse, un sujet pourtant central pour le RN. Il a également manqué le salon Eurosatory sur la défense.
Des ratés qui contrastent avec la présence d’autres responsables politiques et laissent le champ libre à ses lieutenants, parfois eux-mêmes source de bourdes.
Le journaliste Jean Quatremer estime de son côté que Jordan Bardella n’est pas bon en débat et d’affirmer : « je ne pense pas une seconde qu’il pourra tenir dix mois de campagne présidentielle ».
« @J_Bardella n’est pas bon en débat. On l’a vu face à @GabrielAttal . Je ne pense pas une seconde qu’il pourra tenir dix mois de campagne présidentielle quand il devra sortir de son fauteuil et débattre avec d’autres candidats. Néanmoins, quelles que soient les bêtises qu’il… pic.twitter.com/uEW3Atbxu5
— RADIO J (@RadioJFrance) June 17, 2026
Des divergences internes émergent également. Sur la question des retraites, Bardella a affirmé sur LCI que « l’âge légal ne veut rien dire », avant d’être recadré par Marine Le Pen. Sur l’international, son positionnement plus atlantiste heurte certains tenants d’une ligne plus non-alignée et souverainiste au sein du mouvement. Ces éléments ravivent les interrogations sur sa fiabilité et sa capacité à incarner durablement le parti. Si certains cadres défendent sa « vie privée » et sa popularité sondagière, d’autres craignent une usure prématurée ou un éloignement de l’image populaire entretenue par Marine Le Pen. Le RN traverse une phase de doute inédite, entre attente judiciaire et précampagne chaotique en dépit de sondages toujours très flatteurs.