Le soutien très calculé de Macron à Merkel pour la présidence de la Commission européenne

Le soutien très calculé de Macron à Merkel pour la présidence de la Commission européenne© Ludovic MARIN Source: AFP
Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel lors d'un sommet européen à Sibiu en Roumanie, le 9 mai.

Emmanuel Macron s'est dit prêt à soutenir une hypothétique candidature d'Angela Merkel à la présidence de la Commission européenne. Une déclaration qui résulte d'un calcul politique dans l'optique des négociations pour le poste.

Interrogé par la télévision publique suisse RTS le 11 juin, Emmanuel Macron a annoncé qu'il apporterait son soutien à la chancelière allemande Angela Merkel dans l'éventualité où celle-ci briguerait le poste de président de la Commission européenne, à la  succession de Jean-Claude Juncker.

«L'Europe a besoin de visages, de personnalités fortes, elle a besoin de gens qui ont une crédibilité personnelle et les compétences pour remplir les postes qui sont les leurs», a glissé le chef de l'Etat français dans cet entretien donné en marge de sa venue à Genève pour les 100 ans de l'Organisation internationale du travail.

«Je ne veux pas m'engager pour Angela Merkel pour qui j'ai beaucoup d'amitié. Le voudrait-elle [devenir présidente de la Commission européenne], je la soutiendrais», a expliqué Emmanuel Macron, lorsqu'il était interrogé sur une hypothétique candidature de la chancelière allemande. «Bien sûr, parce que je pense qu'il faut quelqu'un de fort. Je pense que l'Europe a besoin de nouveaux visages et de visages forts, donc il faut des personnalités en effet qui puissent incarner», a-t-il poursuivi.

Divisions entre Paris et Berlin

Ce soutien apparent doit toutefois être lu à l'aune des âpres négociations sur les postes clés de l'Union européenne : présidences du Conseil européen et de la Banque centrale européenne, poste de haut représentant pour les affaires étrangères et donc présidence de la Commission européenne.

Depuis le 28 mai, date du début des négociations, les dirigeants européens et en particulier le tandem Macron-Merkel, ont affiché leurs divisions autour de la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la puissante instance européenne.

Les traités prévoient que les chefs d’Etat et de gouvernement proposent un candidat sur lequel le Parlement se prononce par la suite : Angela Merkel soutient Manfred Weber, chef de file du Parti populaire européen (PPE), en s'appuyant sur le principe de Spitzenkandidaten (c'est-à-dire l'automaticité pour la candidature des chefs de file).

De son côté, Emmanuel Macron cité régulièrement trois noms – la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager, le négociateur en chef pour le Brexit Michel Barnier et l'ancien diplomate néerlandais Frans Timmermans – mais surtout, souhaite remettre en cause le principe même de Spitzenkandidaten. «Si les uns et les autres restent sur les noms actuels, nous aurons un blocage», avait-il prévenu dès le 28 mai, dans des propos rapportés par Reuters. Une position qu'il défend habilement en suggérant le nom d'Angela Merkel pour le poste.

Le sujet, qui promet d'être houleux, sera au menu des discussions du prochain Conseil européen des 20 et 21 juin.

Lire aussi : Deux pays, deux mondes ? Les européennes révèlent une fracture entre la France et l'Allemagne

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