Monsanto : un tribunal condamne la firme à verser 80 millions de dollars à un malade du cancer

- Avec AFP

Monsanto : un tribunal condamne la firme à verser 80 millions de dollars à un malade du cancer© Brendan McDermid Source: Reuters
Ecran de la bourse de New York en mai 2016.

A San Francisco, un jury populaire a statué que le Roundup, pesticide du géant de l'agrochimie Monsanto, avait causé le cancer d'un Américain septuagénaire. La firme, qui aurait agi «avec malveillance», devra lui verser 81 millions de dollars.

Deuxième défaite judiciaire de taille pour Monsanto, condamné le 27 mars aux Etats-Unis à verser près de 81 millions de dollars à un retraité malade d'un cancer qu'il attribue au Roundup, le désherbant vedette du groupe racheté par l'allemand Bayer.

Le cabinet d'avocats du plaignant, Moore Law group, s'est félicité de la nouvelle sur Twitter.

C'est la deuxième fois en quelques mois qu'un jury populaire de San Francisco conclut que le Roundup a causé un cancer et que Monsanto est coupable de n'avoir rien fait pour prévenir les dangers possibles de son produit au glyphosate.

Bayer s'est d'ailleurs dit «déçu par la décision du jury» dans un communiqué, mais a estimé qu'elle «ne change rien au poids de 40 ans de science et de conclusions d'agences de régulation dans le monde entier qui soutiennent que notre désherbant au glyphosate est sûr et qu'il n'est pas cancérigène». Sans surprise, le groupe a annoncé qu'il allait faire appel de ce jugement.

Edwin Hardeman, 70 ans, s'était vu diagnostiquer un lymphome non-hodgkinien en 2015 avant d'attaquer la firme l'année suivante, estimant que sa maladie était due au Roundup dont il s'est servi pendant plus de 25 ans pour désherber sa propriété en Californie.

Lors d'une conférence de presse organisée peu après, l'une de ses conseillers, Aimee Wagstaff, a estimé que ce jugement était «historique».

Monsanto «négligent», aurait agi «avec malveillance» selon le jury

La semaine précédente, les jurés avaient déjà estimé que le Roundup était un «facteur substantiel» dans le cancer d'Edwin Hardeman, actuellement en rémission. Le 27 mars, ils ont conclu que Monsanto avait également mis sur le marché un produit ayant un «défaut de conception», que les bidons de Roundup auraient dû mentionner des «avertissements» sur les risques potentiels et que Monsanto avait été «négligent» en ne prévenant pas les usagers des risques de cancer.

Monsanto doit changer ses pratiques commerciales dès maintenant

Estimant que la direction de Monsanto avait agi «avec malveillance» et avait sciemment négligé la sécurité, le jury a attribué 75 millions de dollars au plaignant en dommages «punitifs», selon le terme juridique américain. «La science nous montre depuis 40 ans que le Roundup peut causer le cancer. Quand on regarde les documents internes à Monsanto, il est aussi très clair qu'ils le savaient», a de son côté indiqué Jennifer Moore, une des avocates d'Edwin Hardeman.

L'attitude de Monsanto était «destinée à tromper et malveillante, Monsanto doit changer ses pratiques commerciales dès maintenant», a poursuivi l'avocate, remerciant les jurés d'avoir envoyé un message «fort et clair» à une entreprise qui gagne des «milliards» avec son désherbant.

Au-delà de ce procès, Bayer fait face à quelque 11 200 procédures similaires rien qu'aux Etats-Unis.

Monsanto et son propriétaire, Bayer, avaient déjà été condamnés à verser 289 millions de dollars à un jardinier malade d'un cancer en phase terminale lors d'un procès à San Francisco en août. La somme a ensuite été réduite par une juge à 78,5 millions de dollars. Bayer a aussi fait appel de ce jugement.

L'histoire de Monsanto, racheté en juin 2018 par Bayer, est marquée par des scandales sanitaires et environnementaux retentissants, de nombreuses dissimulations de dangerosité des produits vendus par la firme, ainsi que de manipulations.

Lire aussi : Monsanto aurait monté un réseau fictif de fermiers pour chanter les louanges du glyphosate

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