«Pas besoin de l'UE» : ces Britanniques qui entendent faire valoir la légitimité des urnes

«Pas besoin de l'UE» : ces Britanniques qui entendent faire valoir la légitimité des urnes© Reuters Pictures Archive Source: Reuters
Le 25 mars 2019, des citoyens pro-Brexit ont défilé devant le Palais de Westminster à Londres.

A l'approche de la date officielle de sortie du Royaume-Uni de l'UE, la campagne des anti-Brexit se poursuit. Toutefois, cette initiative largement médiatisée ne saurait résumer l'état d'esprit outre-Manche. Explications.

Le rassemblement pro-européen qui a réuni ce 23 mars des centaines de milliers de manifestants à Londres, ou encore la récente pétition intitulée «révoquer l’article 50 et rester dans l’Union européenne» (qui recueille à ce jour plus de cinq millions de signatures), ont largement été relayés dans le paysage médiatique francophone. Participants d'une campagne anti-Brexit qui persiste outre-Manche malgré le choix déjà exprimé dans les urnes par les citoyens britanniques, ces récentes initiatives ne sauraient toutefois résumer l'état d'esprit qui règne actuellement au Royaume-Uni.

De fait, s'ils se sont récemment rassemblés dans des proportions moindres, les pro-Brexit n'ont nullement disparu et sont à l'origine de plusieurs initiatives - certes dispersées - entendant rappeler leur attachement à la sortie de leur pays de l'Union européenne et au respect du processus démocratique.

Marches à travers le pays, opérations escargots, pétition...

Ce 25 mars, comme le rapporte l'agence Reuters, des citoyens pro-Brexit ont par exemple défilé devant le Palais de Westminster, à Londres, où siègent les deux chambres du Parlement britannique. «Nous avons voté pour partir», «Le Parlement contre le peuple» ou encore «Partir signifie partir» pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants.

«Pas besoin de l'UE» : ces Britanniques qui entendent faire valoir la légitimité des urnes© Reuters Pictures archive Source: Reuters
Le 25 mars 2019, des citoyens pro-Brexit ont défilé devant le Palais de Westminster à Londres.

Comme en témoignent les images régulièrement diffusées sur les réseaux sociaux par des comptes pro-Brexit, des citoyens parcourent par ailleurs les routes d'Angleterre en direction du Parlement britannique, soulignant leur volonté d'une sortie sans report de leur pays de l'UE. Ils espèrent atteindre la capitale le 29 mars, la première date prévue pour le Brexit.

Ce 26 mars, le compte Twitter «Leave means leave [Partir signifie partir]» a par exemple diffusé des images d'un cortège de citoyens entamant la marche de la journée depuis le village de Stanion, dans le centre de l'Angleterre, non loin de Leicester.

«Pas d'accord, c'est mieux qu'un mauvais accord» peut-on notamment lire sur la pancarte d'une manifestante.

Quelques jours plus tôt, un autre compte pro-Brexit intitulé «Ladies for leave [Les dames veulent partir]» rapportait de son côté des images de citoyennes arrivant le 21 mars à Doncaster, ville située à l'ouest de Manchester.

L'initiative «Marche pour partir [de l'UE]» a débuté le 16 mars, à l'appel entre autres, de l'eurodéputé trublion Nigel Farage, une des figures emblématiques de la campagne pro-Brexit en amont du référendum de 2016. «Les parlementaires vous ont ignoré, vous et votre vote [...] S'ils trahissent le Brexit, nous ne resterons pas assis comme des paresseux [...] Nous devons être prêts à nous rebeller», avait notamment déclaré Nigel Farage dans sa vidéo adressée aux citoyens britanniques.

Preuve que l'enjeu rassemble au-delà des clivages politiques, le «Labour Leave», un compte Twitter pro-Brexit travailliste, relaie régulièrement les opérations de cette marche initiée par le libéral Nigel Farage. Parmi les récentes vidéos qu'a partagées le compte de militants travaillistes, l'intervention diffusée ce 24 mars d'une participante à l'une des «marches pour partir [de l'UE]».

«Nous sommes un grand pays, nous n'avons pas besoin de l'Union européenne [...] Nous sommes ici pour [faire respecter] la démocratie» explique-t-elle alors devant la caméra.

Au cours du même week-end des 23 et 24 mars, d'autres citoyens favorables à la sortie de leur pays de l'UE ont entamé des opérations escargots sur les routes britanniques pour faire valoir leur attachement au Brexit. Celles-ci auraient eu lieu dans 30 à 40 localités, selon le Guardian. «Le but est de s’assurer que la Grande-Bretagne quitte [l'Union européenne] le 29 mars», a déclaré un des organisateurs de l'initiative auprès du quotidien britannique. En outre, celui-ci a précisé que des participants à ces opérations avaient été poursuivis en justice pour conduite inappropriée.

Autre exemple du week-end : au Pays de Galles, des militants pro-Brexit se sont joints ce 23 mars à un blocage du port de Pembroke. L'un d'entre eux a notamment expliqué vouloir «défendre l'industrie [de la pêche] pour les années à venir», comme le rapporte le journal régional Western Telegraph.

Récoltant un nombre bien plus modeste de signatures que sa rivale anti-Brexit, une pétition intitulée «Le Parlement doit honorer le résultat du référendum. Partir, avec ou sans accord, le 29/03/19» a toutefois dépassé les 100 000 signatures ces derniers jours, seuil lui permettant de provoquer un potentiel débat au Parlement.

La promesse Cameron...

Au terme de plusieurs mois de débats, le 23 juin 2016, la question avait clairement été posée aux citoyens britanniques en ces termes : «Le Royaume-Uni doit-il rester un membre de l'Union européenne ou quitter l'Union européenne ?»

Question à laquelle pas moins de 17 410 742 citoyens Britanniques, soit 51,89 % des votants, avaient répondu : «Quitter l'Union européenne».

En amont du rendez-vous électoral, son initiateur, David Cameron (qui avait alors engagé son mandat de Premier ministre sur ce pari électoral), s'était ainsi adressé au peuple britannique, le 10 novembre 2015 : «Si nous votons pour partir [de l'UE], nous partirons. Il n'y aura pas de négociation, pas d'autre référendum.»

Fabien Rives

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