«Attaque chimique» à Douma : Moscou et Damas dénoncent le rapport «politisé» de l'OIAC

«Attaque chimique» à Douma : Moscou et Damas dénoncent le rapport «politisé» de l'OIAC© REUTERS/ Ali Hashisho
Une étiquette de l'OIAC dans une maison en ruines à Douma en Syrie, le 23 avril 2018 (image d'illustration).

Dans une conférence de presse à La Haye, la mission russe auprès de l'OIAC a dénoncé le manque de neutralité, les «lacunes» et les «incohérences» du rapport de l'organisation. Celle-ci avait conclu à l'utilisation de chlorine à Douma en avril 2018.

Le 11 mars, le représentant permanent de la Russie auprès de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), Alexandre Choulguine, a tenu une conférence de presse au siège de l'organisation à La Haye, afin de discuter des conclusions du rapport sur l'attaque chimique présumée de Douma, survenue en avril 2018. Dans celles-ci, publiées quelques jours plus tôt, l'organisation onusienne écrivait avoir des «motifs raisonnables pour penser qu'un agent chimique toxique [contenant de la chlorine] a été utilisé comme arme».

Par la voix de son représentant à La Haye, Moscou a fait état de ses réserves quant à ces conclusions. «Le rapport sur Douma est plein de lacunes, de divergences, d'incohérences. Le contenu du rapport est contradictoire. D'une part, les experts de l'OIAC démentent les élucubrations des Casques blancs. D'autre part, à certains égards, ils s’appuient sur ces mêmes témoignages», a déclaré Alexandre Choulguine.

Dénonçant une enquête pas suffisamment transparente, il a encore déploré que l'OIAC n'ait pas tenu compte selon lui des éléments présentés par Moscou et Damas : «Les échantillons apportés à La Haye ou en tout cas, la plupart d’entre eux, étaient comme un poids mort dans le laboratoire de l’OIAC. Le personnel du laboratoire disait être débordé, très occupé.»

Auteur: RT France

Le point de vue des autorités syriennes pas pris en compte, selon Damas

Le représentant russe a enfin estimé que l'organisation affiliée à l'ONU avait fait preuve d'un manque de neutralité, n'osant pas «aller à l'encontre de la coalition occidentale [en Syrie], dirigée par les Etats-Unis», qui accuse le gouvernement syrien d'être responsable de l'attaque chimique présumée.

Cité par l'agence de presse syrienne publique Sana, Bassam Sabbagh, représentant permanent de Damas auprès de l'OIAC, a développé une position similaire lors de cette conférence de presse. Il a ainsi estimé que le rapport de la mission était «clairement politisé», ne prenant pas en compte le point de vue des autorités syriennes. Il s'est en outre interrogé sur la compatibilité, d'un point de vue légal, entre l'enquête menée par l'OIAC à Douma et les règles définies par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques.

Déplorant que la coopération de Damas à l'enquête n'ait pu aboutir à un résultat «objectif», Bassam Sabbagh a cependant estimé : «La Syrie a accompli son devoir conformément à la convention [sur l’interdiction des armes chimiques] et elle poursuivra sa coopération avec la commission de l’OIAC.»

Le rapport de l'OIAC ne désigne pas de responsable de l'attaque chimique présumée car cela échappait à ses compétences à l'époque, les attributions de l'organisation n'ayant été élargies à cette question que plus tard sur impulsion de Londres.

Washington, Londres et Paris avaient pour leur part accusé, quelques jours après l'attaque présumée, accusé Damas d'en être responsables. Ces pays avaient frappé dans la foulée des infrastructures du pouvoir syrien.

Damas a toujours nié avoir été responsable d'une quelconque attaque chimique à Douma, tout comme Moscou. Le 16 février encore, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov affirmait : «Il a été établi par nos militaires que les vidéos diffusées par les Casques blancs sont une mise en scène et que le chlore a pu être utilisé comme un élément de provocation.»

Une position proche de celle de certains journalistes, comme, dernier en date, Riam Dalati, de la BBC. Celui-ci affirmait ainsi dans une série de messages sur Twitter le 14 février : «Après presque six mois d’enquêtes, je peux prouver sans aucun doute que la scène de l'hôpital de Douma a été mise en scène. Aucun décès n'est survenu à l'hôpital.»

Lire aussi : Conférence de Munich: Lavrov réaffirme que l’attaque chimique présumée à Douma a été «mise en scène»

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