Manifestations en Algérie : à quoi doit-on s’attendre le 8 mars ?

Manifestations en Algérie : à quoi doit-on s’attendre le 8 mars ?© Ramzi Boudina Source: Reuters
Des étudiants manifestent le 5 mars 2019 à Alger contre un nouveau mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika.

La contestation contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika se poursuit en Algérie. Après avoir réalisé une véritable démonstration de force le 1er mars, les opposants au chef de l’Etat algérien comptent amplifier le mouvement ce 8 mars.

Depuis plusieurs semaines, l’Algérie est le théâtre de manifestations quasi-quotidiennes contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Après avoir été plusieurs centaines de milliers à battre le pavé les 22 et 26 février ou encore le 1er mars, les opposants au chef de l’Etat algérien comptent faire du 8 mars une journée «historique». Comme ce fut le cas pour les précédentes manifestations, les appels à manifester ont fortement été relayés sur les réseaux sociaux. Sur les différentes pages Facebook dédiées à la manifestation, les personnes annonçant qu'elles pourraient y prendre part se comptent par milliers. A quoi peut-on s’attendre ce 8 mars ? Tour d’horizon.

Quelle participation ?

Né mi-février, le mouvement de contestation contre le cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika ne cesse de prendre de l’ampleur. La journée du 1er mars a vu des centaines de milliers de manifestants descendre dans la rue pour exprimer leur désaccord face à la perspective d’une nouveau mandat du chef de l’Etat algérien.

Selon une source policière citée par le site d’information TSA Algérie, à Alger, 800 000 personnes avaient été recensées. Une mobilisation inédite dans la capitale algérienne où les manifestations sont interdites depuis 2001, officiellement pour des raisons sécuritaires. Dans les autres villes du pays, plusieurs dizaines de milliers de manifestants avaient également été recensés par la presse locale. 

La mobilisation du 8 mars à travers l’ensemble du territoire devrait sans aucun doute être bien plus importante. Elle se veut notamment une réponse à la lettre attribuée à Abdelaziz Bouteflika dans laquelle il réaffirme le maintien de sa candidature à la prochaine élection présidentielle. 

Quels leaders seront présents ?

Si le mouvement de protestation ne possède pas de réels leaders, de nombreuses et diverses personnalités de premier plan s'y sont associés. C’est le cas des très populaires youtubeurs Anes Tina et Amir DZ, de personnalités issues de monde politique comme les anciens Premier ministre Ahmed Benbitour et Ali Benflis, l’homme d’Affaires Issad Rebrab, première fortune de pays, ou encore l’icône de la guerre d’Algérie, Djamila Bouhired. Autant de personnalités dont l'influence non négligeable dans le pays participe à l'intensification de cette protestation d'envergure nationale. 

Quelles conséquences politiques ?

Face à la pression de la rue, le camp présidentiel semble, chaque jour, de plus en plus affaibli. Le limogeage précoce d’Abdelmalek Sellal a marqué le premier acte de cet affaiblissement. L’ancien Premier ministre, fraîchement désigné pour diriger la campagne présidentielle du président sortant, a été remercié quelques jours après la publication sur les réseaux sociaux d’un enregistrement non authentifié d’une discussion téléphonique qu’il aurait eue avec Ali Haddad, patron de la puissante organisation patronale, le Forum des Chef d’entreprises (FCE). A cette occasion, il aurait évoqué la possibilité de réprimer sévèrement les opposants au cinquième mandat du président sortant. Ni l'un ni l'autre n’ont démenti leur implication dans cette conversation pour le moins explosive.

En outre, comme le rappelle le quotidien algérien El Watan, de nombreux élus et militants de la majorité présidentielle ont quant à eux décidé de quitter le navire. La décision le 4 mars de l’ancien ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Sid Ahmed Ferroukhi, de démissionner de l’Assemblée populaire nationale (APN) et de son parti, le Front de libération nationale (FLN), est entre autres le signe manifeste de la profonde crise que connaît le camp présidentiel.

Plus récemment, le 5 mars, la toute aussi importante Organisation nationale des moudjahidines (ONM, association d'anciens combattants), qui était jusque là demeurée indéfectiblement fidèle au chef de l'Etat, a exprimé son appui aux manifestants opposés au cinquième mandat du chef de l’Etat algérien. «Cette contestation est axée autour d’une revendication fondamentale à savoir tourner la page d’une accumulation de réalités douloureuses engendrées par des institutions qui n’étaient pas à la hauteur des aspirations légitimes de notre peuple», écrit l’ONM dans un communiqué, avant d’enfoncer le clou en évoquant «la collision entre des parties influentes au sein du pouvoir et des hommes d’affaires véreux qui ont bénéficié de manière illicite de l’argent public». Un désaveu cinglant sur la gestion actuelle des affaires du pays par Abdelaziz Bouteflika et ses proches. 

Une valse de défections au sein du camp présidentiel qui devrait sans doute se poursuivre dans le cas où la dynamique de la population se maintient dans la durée. Retrait de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika ? Report de l'élection présidentielle ? Mise en place d'une période de transition politique ? Les scénarios esquissés par les observateurs de la vie politique algérienne sont aussi nombreux que les incertitudes qui planent sur l'avenir politique du pays. 

Lire aussi : Paris «veut réaffirmer la souveraineté du peuple algérien», assure un ministre français

Malik Acher

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