Troc : l'Iran juge «inacceptable» une condition de l'UE concernant ses activités de défense

Troc : l'Iran juge «inacceptable» une condition de l'UE concernant ses activités de défense© Ako Rasheed Source: Reuters
Le ministre iranien des Affaires étrangères s'exprime lors du forum économique à Souleimaniye, en Irak, le 15 janvier 2019.

L'Iran récuse toute tentative d'ingérence dans ses activités de défense. C'est en substance ce que dit un communiqué des Affaires étrangères iraniennes en réponse aux conditions exprimées par les Européens pour mettre en place le système de troc.

Téhéran a jugé «inacceptable» de la part de l'Union européenne de lier le fonctionnement du système de troc européen créé pour contourner les sanctions américaines contre l'Iran à des exigences à son égard relatives à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Pour la diplomatie iranienne, il n'est pas question de discuter avec des Etats étrangers de ses activités de défense.

«Tout en accueillant favorablement les déclarations positives [de l'Union européenne] sur l'Iran», le ministère des Affaires étrangères iranien a opposé une fin de non-recevoir à certaines prises de positions.

«Lier la mise en œuvre de ce mécanisme [...] aux exigences de certaines institutions comme le Gafi [Groupe d'action financière] est inacceptable», peut-on lire sur un communiqué du ministère des Affaires étrangères iranien. Basé à Paris, le Gafi régule les efforts internationaux pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Les dirigeants des 28 pays membres de l'Union européenne ont entériné le 4 février l’entité ad hoc créée par la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni pour commercer avec Téhéran malgré les sanctions économiques rétablies en 2018 par les États-Unis après leur retrait de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015. Si le communiqué de l'Union européenne «salue les progrès accomplis» par l'Iran pour répondre aux exigences du Gafi, il «demande instamment» à Téhéran de «mettre en œuvre la législation qui s'impose conformément à ses engagements».

Le 4 février, les 28 ont ainsi exprimé leur «inquiétude» face à «la fourniture [par l'Iran] d'un soutien militaire, financier et politique à des acteurs non étatiques dans des pays tels que la Syrie et le Liban». Ils ont aussi demandé à Téhéran de «s'abstenir de mener» des activités «relatives aux missiles balistiques».

Sur ce point, le communiqué de Téhéran rappelle la position de la République islamique selon laquelle la question de ses «activités de défense [...] n'a jamais été et ne sera jamais à l'ordre du jour de discussions avec les autres pays».

Et sur les questions relatives à la sécurité du Proche et du Moyen-Orient, Téhéran «conseille vivement aux pays européens d'adopter une vision réaliste» et de ne «pas se laisser influencer [...] par des éléments opposés à la paix». 

Le Gafi a posé des conditions pour retirer l'Iran de sa liste noire des pays ou territoires non coopératifs. Le processus de mise en conformité de la législation iranienne avec les exigences du Gafi a été ralenti par le récent rejet de plusieurs textes de lois par le Conseil des gardiens de la Constitution, qui dispose d'un droit de veto sur les lois votées par le Parlement.

Lire aussi : Face aux sanctions, la Syrie et l'Iran organisent leur résistance économique

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