Torturé, alimenté de force, un détenu de Guantanamo se dit être plus fort spirituellement

Des détenus de Guantánamo Source: Reuters
Des détenus de Guantánamo

Un des prisonniers du centre de détention de Guantanamo est à l’article de la mort après avoir mené à des grèves de la faim en répétition pendant des années. Actuellement, le détenu Tariq Ba Odah pèse près de 33,5 kilogrammes.

Arrêté au Pakistan il y a plus de 10 ans, l’homme a été transféré à Guantanamo. Mais depuis, aucune charge n’a jamais été retenue contre lui. Ainsi, pour protester contre sa détention, Ba Odah s'est mis à refuser de se nourrir il y a maintenant huit ans.

Tariq Ba Odah

Dans ses lettres, il décrit les épreuves auxquelles il a du faire face : «On nous a battu, insulté, nous avons eu les mains et les jambes liées jusqu'à sentir notre corps se déchirer de l'intérieur». Parlant de l'alimentation forcée, il explique que cet acte est similaire à la torture par l'eau : «Mes vêtements étaient trempés de mon vomi car mon corps recrachait les suppléments mélangés à l’eau et aux laxatifs», explique-t-il.

Cependant, il assure ne pas avoir perdu son courage. Malgré le fait que le corps de Ba Odah soit devenu faible et fragile, «spirituellement [il se] sent mille fois plus fort qu’avant».

Sa grève de la faim constitue une des plus longues que Guantanamo ait jamais connu. Le détenu est alimenté de force deux fois par jour tandis que son corps continue à renoncer à toute nourriture.

L’alimentation forcée a été condamnée par les principales organisations internationales en tant que forme de torture. Au cours du processus, les bras, les jambes et la tête de la personne sont attachés à une chaise, puis des tubes sont introduits par le nez et vont jusqu'à l’estomac fournissant des nutriments par le biais d'une pompe.

Le procès de l'alimentation forcée à Guantanamo

D’après Jack Rice, un ancien agent de la CIA ayant visité Guantanamo, les responsables ne considèrent pas l'alimentation forcée comme de la torture et ne comptent pas arrêter d'en faire usage. «Bien que cela soit reconnu dans le monde entier comme de la torture, les Etats-Unis ne souhaitent pas le reconnaître ni l’accepter», a-t-il expliqué dans son interview à RT.

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